mardi 19 août 2014

mardi 19 août - la feria de dax : rideau

Dimanche, la feria de Dax, après cinq jours de fête, baisse le rideau. A 18 heures, début de la dernière corrida : les toreros entrent dans le ruedo. A 20h40, ils le quittent avec un dernier salut en réponse aux applaudissements du public. A 21h30, les bandas, qui ont investi la piste des arènes, et le public dans les gradins, qui vient d'écouter l'"Agur" et de participer au moment d'émotion collective, moment fusionnel s'il en est, en quoi consiste le déploiement des foulards, que l'on replie jusqu'à l'an prochain, les bandas et le public quittent ce haut lieu des fêtes. Un peu plus tard, on entre dans "Le bistrot des vignes" où l'on avait réservé une table. A 22h30, la tribu plie bagages pour rejoindre les rives de l'Adour et assister au feu d'artifice, à partir de 23 heures. De mon côté, peu amateur de ce spectacle pyrotechnique, je rentre seul à Hossegor, où ils viendront me rejoindre vers 1 heure. Pour m'accompagner sur le chemin du retour dans la nuit noire, j'écoute un disque que je trouve de plus en plus beau : " Vagabond" d'Ulf Walkenius avec Lars Danielsson et Vincent Peirani, Mais aussi, comme invités, Eric Wakenius, Michael Dahivid, Youn Sun Nah et Nguyên Lê. C'est une production ACT, 2012.

En attendant le retour des "festayres", je prépare une énorme salade de fruits : abricots, reines-claude, pêches, nectarines. En trois coups de cuillère à salade de fruits le saladier est vide.

La feria est finie.

Ouf !

dimanche 17 août 2014

dimanche 17 août - maîtrise, créativité, émotion

Feria de Dax. Première corrida. Quatrième toro, le deuxième d'Enrique Ponce, matador adulé par les Dacquois. Sa faena s'engage comme la copie conforme de la première. Maîtrise technique impeccable. mais, en la circonstance, ni créativité - inutile eu égard au comportement du toro - ni émotion. Suivant l'expression des aficionados, l'animal "ne transmet pas". Disons, profil de vibrations plat. Ni enthousiasme suscité par la beauté du geste, ni frayeur provoquée par les risques pris par Enrique Ponce. La faena avance ainsi sur un chemin déjà tracé et prévisible.

Mais, tout à coup, le ciel s'assombrit ; un énorme nuage noir, immobile au-dessus des arènes, éclate en gouttes sonores en explosant sur les gradins. Et surtout sur les spectateurs surpris par la soudaineté du phénomène. Alors, il n'est plus question d'aficion. Chacun déplie son poncho, son K-way, son imperméable. Sauve qui peut. Inattention générale. Et puis, rassuré, on revient à Ponce, à son toro et à la faena. Et là, quelque chose a lieu qui frappe chacun de plein fouet. La violence de l'averse a fait surgir une émotion d'autant plus forte qu'on ne l'attendait pas. Il y a danger et manifestement de la part de Ponce une prise de risques dont on n'avait pas pris conscience jusque là. Alors la maîtrise technique du matador prend un tout autre sens : il s'agit bien d'un recours nécessaire pour ne pas être débordé par la violence de l'animal. On est loin d'un comportement de routine. Cette maîtrise, c'est le salut même du torero. Du coup, cette créativité qui semblait lui faire défaut surgit avec évidence. Elle se manifeste dans le choix judicieux et pertinent de chaque passe, comme une solution originale à un problème inattendu. Une gestion de l'imprévisible.

Je comprends alors que la magie de cet instant tient à l'alliance - pour ne pas dire l'interaction de trois éléments essentiels : la maîtrise technique, la créativité et l'émotion. Ces trois éléments sont comme les trois dimensions du plaisir de l'aficionado. Mais, du coup, je ne sais comment cette prise de conscience me fait penser au concert de Marciac : la carte blanche de Michel Portal avec Bojan Z et Vincent Peirani. Le plaisir que nous avons éprouvé en ce moment magique tenait en effet à l'alliance de la maîtrise technique de leur instrument par chacun des membres du trio de ce soir, de leur puissance de créativité et de l'émotion qui résultait de leur rencontre.  Emotion qui, soit dit en passant, est aussi provoquée par l'environnement : la qualité de la salle en tant que lieu et en tant que public.

Bien sûr, tout cela exige d'être approfondi, mais déjà il me semble entrevoir une piste intéressante. A suivre donc.

lundi 11 août 2014

lundi 11 août - ... et mercredi, la feria de dax

Du 13 au 17 août, de mercredi à dimanche inclus, le monde s'arrête ou, en tout cas, il est mis entre parenthèses, le temps de la feria. C'est un temps de rituels. Je me rappelle avoir chaque année, à la même date, évoqué cette dimension fondamentale de l'esprit des fêtes : le rituel. L'ouverture en rouge et blanc, la journée landaise, la journée des enfants, les orchestres aux quatre coins de la cité, les bandas, les corridas, les repas en famille, les journées du folklore du monde, les concerts gratuits, la cérémonie de l'Adishats, tellement émouvante, dans les arènes après la dernière corrida. Etc... etc...

On a nos places, toujours le même abonnement depuis je ne sais combien d'années, un véritable accordéon : 4 places x 5 corridas = 20 billets. On a pensé à réserver des tables pour le déjeuner dans de bons restaurants. Françoise a vérifié que toutes les piles de vêtements rouges et blancs sont à disposition ; les casquettes et les foulards aussi, sans compter les sandales, cousues main, rouges. L'intendance est fin prête. Tout se présente au mieux. Même le temps où nul orage n'est annoncé.  



Mais alors, que se passe-t-il ? Tout à coup cette dimension de rituels maintes et maintes fois répétés, va savoir pourquoi, ça me prend le chou. C'est pourquoi tout me porte à croire que cette année mon compte-rendu se bornera à cet article. A moins que, ici ou là, quelques accordéons ou autres musicos ne me redonnent envie...

samedi 9 août - carte blanche à l'astrada : michel portal invite bojan z et vincent peirani

Dès réception du programme du festival de Marciac, nous avions noté la date du 9 août. A l'Astrada, à 21h30, "Camins Mesclats" - G. Lopez, saxo, flûte, bagpipes, voix ; S. Milleret, accordéon diatonique ; J. Ch. Cholet, piano ; P. Dayraud, batterie, percussions ; P. Chodorov, film-maker - puis, à partir de 23 heures, carte blanche à Michel Portal, qui invite Bojan Z et Vincent Peirani. Nous avions aussitôt réservé. Deux places : C5 et C7. deux bonnes places donc, d'où j'aurais pu faire de belles photos et du trio et de Vincent. Mais il est interdit de photographier le concert. Dommage !

 
 
Samedi donc, on quitte Pau où, venant d'Hossegor, on a fait étape à la maison. Marciac est à une heure de Pau. On y arrive à 18 heures pile. Le premier concert étant programmé à 21h30, ça nous laisse le temps de faire un tour de rues en rues, de se joindre au flot ininterrompu des festivaliers, de manger un peu, de boire aussi et, chemin faisant, d'écouter maintes formations installées dans les cours des restaurants ou à quelque carrefour ou encore sous les grandes tentes de la pace centrale.







Le concert de carte blanche a donc débuté peu après 23 heures. Il s'est terminé au-delà de minuit et demi. On est arrivé à la maison à 2h15 précises. Un parcours éclairé par la lune et par des éclairs de tonnerre sur les Pyrénées. Forcément, sous le charme du moment d'exception que l'on vient de vivre.

Mais d'abord, que dire du premier concert ? "Camins Mesclats" est certes ancré dans une tradition occitane, mais c'est une tradition revisitée et du coup originale à bien des égards. Le programme articule, en correspondance, chaque morceau, de durée très variable, avec la projection d'images de style super 8. Des musiciens qui connaissent la musique traditionnelle et le jazz. J'ai beaucoup aimé la voix de G. Lopez et aussi son talent de multi-instrumentaliste, le piano de J. Ch. Cholet, les percussions de P. Dayraud. Celui-ci m'a intéressé par son jeu, très présent, sans effets excessifs. Une sorte de colonne vertébrale du quartet, quintet si l'on inclut le machiniste image. Je n'ai pas toujours bien saisi le sens des images, peu être trop répétitives à mon goût dans leur représentation, façon cinéaste amateur, de voies ferrées et de parcours vu à travers les vitres d'un wagon. Peut-être l'impression qu'on est à la limite d'un procédé.

Après un entracte d'une vingtaine de minutes, le trio - Michel Portal et ses deux invités - entre en scène. En fait, Michel Portal a "mis ensemble" lui-même et Bojan Z d'une part, lui-même et Vincent Peirani, d'autre part, deux duos complices de longue date. En fait, c'est d'un concert prodigieux qu'il s'agit. Un repère, une référence. Cela tient à la personnalité, au talent et à la créativité de chacun des membres du trio. Avec eux, le jazz, c'est tout simple : un thème bien clair et net, une improvisation solo ou en duo ou en trio. Rien de trop. Et au fil du concert, en prime, complicité et humour. Le plaisir manifeste de faire de la musique ensemble. Leur admiration réciproque est visible et joue beaucoup dans notre plaisir.

Je n'ai pu noter tous les titres du concert et des trois rappels, mais je retiens tout de même "Cuba si, Cuba no" et "Dolce", deux compositions de Michel Portal ; "3 temps pour Michel P.", composition de V. Peirani. Je les retiens parce que je les connaissais déjà, mais en fait c'est tout le concert qui restera longtemps dans ma mémoire comme un événement à marquer d'une pierre blanche. Un thème et puis c'est, devant nous et pour nous, une musique qui se crée et se déploie avec évidence. Créativité et évidence, deux clés pour comprendre la perfection de ce moment - autour de minuit - à Marciac, à l'Astrada, en cette soirée du samedi 9 août 2014.

Arrivés à Pau, on avait une petite faim : rillettes de canard, jambon Serrano, fromage de chèvre, deux verres d'un petit Bordeaux, abricots et prunes reine-claude... et toutes les évocations partagées entre nous de ce concert. Vers 3 heures, on a fini par aller au lit.

mardi 5 août 2014

mardi 5 août - actualité du duo intermezzo

... deux ou trois informations sur l'actualité du Duo Intermezzo.


Et pour en savoir plus, il suffit de cliquer sur le lien vers leur site :

http://www.duointermezzo.com/

mardi 5 août - bal musette à toulouse

... reçu de Florian Demonsant le courriel ci-dessous : Bal Duo Demonsant-Piques

Le 8 août 2014
Quai de la Daurade à Toulouse
Un bal musette ? Et oui, ça existe encore ! Alex Piques (à la batterie) et Florian Demonsant (à l’accordéon), vont l’animer, reprenant ainsi leurs belles habitudes de jeunesse, quand ils arpentaient chacun de leur côté les campagnes pour faire guincher les foules.

Dans le cadre de Toulouse Plages 2014
Infos pratiques :
Bal le 8 août de 19h à 20h
Quai de la Daurade
Gratuit
Dans le cadre de la Pause Musicale.


Si vous êtes à Toulouse ou dans les environs ce vendredi, n'hésitez pas une seconde... On a eu l'occasion, il y a quelques mois, dans le quartier Saint Cyprien, d'assister à la prestation du duo. Un beau souvenir !

jeudi 31 juillet 2014

jeudi 31 juillet - à propos de l'orphicube, quelques compléments...

Pour en savoir plus sur l'OrphiCube, qui était la matière de mon précédent article, il suffit de cliquer sur le lien ci-dessous qui conduit vers un site très intéressant et fort bien fait. Et qui confirme que l'entreprise nommée OrphiCube est très pensée, réfléchie et organisée. Un beau document. Surprenant et jubilatoire.

http://www.albandarche.com/index.php?s=groupes

Post scriptum - Ce terme "OrphiCube", qui désigne le noyau permanent - six musiciens - d'un orchestre à géométrie variable, m'intrigue. Je n'en ai pas trouvé d'explication sur le site de son fondateur Alban Darche. Du coup, j'en suis réduit à des hypothèses : "Orphi'" fait penser à Orphée, musicien mythique de l'Antiquité. Un véritable créateur de musique. On sait qu'étant allé rechercher son Eurydice dans les Enfers, il l'avait perdue au seuil du monde des vivants pour s'être retourné vers elle pour s'assurer de sa présence malgré l'interdiction qui lui en avait été faite. Est-ce à dire que l'OrphiCube, pour ne pas perdre son inspiration, doit aller toujours de l'avant sans se retourner sur son propre passé ou vers des musiques plus conventionnelles. Question à approfondir. Quant au cube de l'OrphiCube il évoque évidemment le cubisme pictural puisque le peintre Delaunay est cité explicitement comme référence par Alban Darche. Le cubisme, un mouvement qui privilégie la technique du collage et le refus de la perspective classique, fondement du réalisme. Le collage ! Ce pourrait être une clé pour appréhender le style de l'OrphiCube.

Donc : l'OrphiCube pourrait bien s'éclaircir quant à son projet en se référant à Orphée - joue, avance et ne te retourne pas sur ton propre chemin - et au cubisme - ni réalisme, ni imitation de la réalité, mais des collages qui s'entrechoquent et bousculent nos certitudes perceptives spontanées.

Bon ! C'est tout pour aujourd'hui ! On continue à réfléchir.