dimanche 14 septembre 2014

dimanche 14 septembre - carlos gardel encore et toujours...

J'ai dit dans l'article précédent comment nous avons déniché hier au Parvis deux albums nouveaux : celui de René Lacaille et, d'autre part, un album intitulé "Desde Carlos Gardel / Cancionero Porteno". Tout de suite, notre attention a reconnu les noms de William Sabatier mais aussi de Diego Flores, chant, et Ciro Perez, guitare. Diego Flores avait en effet déjà travaillé avec William Sabatier pour un album "Monteverdi / Piazzolla" et Ciro Perez était l'un des membres du trio PSP, que nous avions eu l'occasion d'écouter à Trentels.

Disons que cet album est d'abord un bel objet, très bien fait du point de vue graphique et du point de vue informatif. C'est important. Le livret exposant le projet et situant les trois musiciens est remarquable. En fait , le programme est construit sur des œuvres "classiques" : "Yuyo Verde", "Toda mi Vida", "Che Bandoneon", "Quejas de Bandoneon", "Sur", etc... etc... Et les compositeurs sont entre autres D. Federico, A. Troilo, H. Manzi, J. C. Cobian, etc... etc... Les arrangements des dix-sept morceaux, d'une complexité et d'une subtilité rares, sont de W. Sabatier, sauf le 10 (Ciro Perez) et les 3, 5, 6, 11, 12, 15 (C. Perez et W. Sabatier). 

L'album dure 71:46. Les textes des chansons sont données en trois langues :anglais, espagnol, français et l'on peut noter que la traduction en français est signée Olivier Manoury. Le tableau des interprètes donne le résultat suivant :

W:1
WS/DF : 9
WS/CP : 2
WS/CP/DF:4
DF/CP:1




Intelligence du tango jusqu'à l'érudition, sensibilité à fleur de peau, technique hors pair. Forcément un album qui perpétue la tradition en la renouvelant.

post-scriptum 1. Notons enfin qu'il y a à la fin du disque une plage cachée, la dix-huitième, interprétée par W. Sabatier solo. Il s'agit de "A Media Luz", (1924),  musique d'Edgardo Donato et Carlos Cesar Lenzi. Pour l'écouter, il faut être patient. 2:40 de silence, puis 3:20 d'écoute où William Sabatier "fabrique" pour notre plaisir un "bel objet". Une signature.

post-scriptum 2. On peut trouver quelques précisions sur le projet fondateur de cet album avec un clic sur ce lien : http://williampetardino.wix.com/williamsabatier#!duofloressabatier/c1c2e



dimanche 14 septembre - le dernier rené lacaille et sa tribu

En ce samedi 13 septembre et alors même que les "Nuits de nacre" se profilent à l'horizon de la semaine prochaine, il faut bien faire encore les courses alimentaires jusqu'à notre départ jeudi ou mercredi soir, si l'on fait étape à Toulouse. Donc, suivant un rituel bien établi, on fait les courses en suivant scrupuleusement la liste dans l'ordre des rayons, des boissons aux fruits et légumes, on passe à la caisse, on vide le contenu du caddy dans la malle arrière de la voiture, on pose le caddy et l'on repart explorer les rayons des disques au Parvis.

Tout de suite, une pochette attire notre attention...



Un disque de René Lacaille ! Forcément, on ne peut laisser passer sa dernière création. Mais, tout aussitôt, on remarque un autre disque. Pas question de le laisser passer non plus... Mais, ne nous dispersons pas. J'y reviendrai dans le prochain article.

Revenons à René Lacaille. Sur les sept membres de l'orchestre, quatre "Lacaille". On a compris, le patriarche a encore frappé entouré par quatre membres de la tribu. Mais, en fait, ce disque est moins prévisible qu'on aurait pu le supposer. Il démarre en effet suivant le modèle déjà connu du   patriarche génial et bienveillant accompagné de ses enfants ou petits-enfants au rythme de la maloya ou autre musique emblématique de la Réunion. Et puis, chemin faisant, les percussions d'une part, les saxos, clarinette et flûtes, d'autre part,  donnent une autre tournure à l'ensemble.

Du coup, un album beaucoup plus complexe que je ne l'avais d'abord imaginé. La tribu évolue bien et son guide aussi, toujours aussi présent et talentueux par sa voix et par son jeu à l'accordéon.

post-scriptum. Un document YouTube qui donn une idée de "Fanfaroné", titre de l'album.

https://www.youtube.com/watch?v=mzdfUoLebcI

jeudi 11 septembre 2014

jeudi 11 septembre - accordéon et accordéonistes est arrivé-é-é...

Livraison du numéro n° 144, septembre 2014.

La rubrique "Infomatos", page 4, est consacrée à la marque Ballone Burini, "l'excellence depuis 1920". Une page de publicité, qui se présente sous l'apparence d'un entretien mais qui ne manque pas d'intérêt. Dans les numéros précédents, on trouve en effet les titres suivants : "Beltuna Studio II K", "Roland FR-8x",  "Cavagnolo Digit", "Gamme Fun Hohner", "Dualo", "Fisart". Intéressant à condition de bien identifier ces pages comme étant de la publicité.

La Tête d'affiche est consacrée à Armand Lassagne et Daniel Denéchaud, les parrains du "2ème salon de l'accordéon" qui se tiendra les 3, 4 et 5 octobre à la Bellevilloise (Paris 20ème). Six pages de propos recueillis par Philippe Krümm. Plein d'anecdotes et de souvenirs. Une certaine nostalgie. Des propos tels qu'on peut en recueillir en partageant quelques bières. J'en retiens cet échange entre D. Denéchaud et A. Lassagne :

- DD. La musique d'accordéon aujourd'hui, ça devient plus une musique de concert que d'ambiance ou de bal quand même, non ?
- AA. Maintenant, il n'y a plus grand chose. C'est un peu bidon. Il y a trois accords dans leur musique... Un peu plus haut, déjà, cette opinion d'A. Lassagne à propos de l'accordéon :"Il n'y a pas tellement de renouveau. Des gars comme Viseur ou Murena, on peut dire ce qu'on veut mais ils avaient cinquante ans d'avance".

Un dossier est consacré à un ouvrage récent de Patrick Lavaud sur l'accordéon diatonique dans les Landes de Gascogne. Excellent article. Excellent livre : un travail de qualité universitaire, sérieux et chaleureux comme son auteur. Cinq pages : c'est plein d'idées. Le type d'article que j'aimerais pouvoir lire à chaque livraison.

Des entretiens : Le Balluche de la Saugrenue, entre savant et populaire, par F. Couvreux. assurance qualité. René Michel, Balbino Medellin, Bruno le Rouzic. textes de F. Jallot. Autre assurance qualité. Deux rédacteurs que je lis, chaque mois, avec le plus grand intérêt et un grand plaisir. Du style et une documentation de première main.   

La page 26, c'est "Accordéons d'antan, accordéons lointains". Signée Gérard Dôle. Un bijou de culture. Chaque mois, un vrai bonheur d'intelligence et de documentation.

Après... d'autres articles non sans intérêt, mais qui correspondent moins à mes intérêts quant à l'accordéon. Et, in fine, l'insubmersible article intitulé "Le meilleur pour la fin", dont j'ai déjà dit maintes fois à quel point j'en apprécie la délicatesse.

Voilà ! C'est tout pour cette fois...



vendredi 5 septembre 2014

vendredi 5 septembre - alerte agenda ! les nuits de nacre 18-21 septembre

C'est la dernière ligne droite. Nul n'a oublié ce rendez-vous, évidemment. Pourtant, un dernier rappel n'est peut-être pas inutile; En tout cas, ça nous permet d'attiser nos attentes. Ci-dessous, une page de la dernière livraison d' "Accordéon et accordéonistes", qui présente le programme. Forcément, étant donnée la richesse des l'offre, le dit programme est illisible. Mais ça donne une idée de ce qui attend l'amateur d'accordéon en ce lieu désormais mythique. Pour avoir toutes les informations utiles, ci-dessous un simple clic et on est sur le site du festival. On en jubile déjà.




Le site des "Nuits de nacre"...

http://www.accordeon.org/

mercredi 3 septembre 2014

mercredi 3 septembre - agua en la boca

"Agua en la Boca" est un disque de fado. On pourrait dire de fados. Plusieurs morceaux en effet sont spécifiés, comme par exemple (1) "Cosas que no sé", fado tamanquihas, (2) "Todas las horas son viejas", fado carmencita, (5) "Desnudar los desnudos", fado menor do porto, etc... Autant de distinctions ou de subdivisions que j'ignorais.

Mais il y a plus : Maria Berasarte, la créatrice de cet album, puise à des sources qui débordent l'espace du fado. Disons que son inspiration explore aussi le monde du chant espagnol ou, plus loin encore, qu'elle la trouve dans une sorte de mélancolie ou de tristesse en demi-teinte. C'est pourquoi le sous-titre de l'album est "Au-delà du fado". Par exemple, le titre 8 est le classique morceau hispanique "Piensa en mi" et le titre 9 est "Txoria txori", un traditionnel basque.

Pour ce morceau, elle est accompagnée par l'accordéoniste basque Gorka Hermosa. A d'autres moments, elle est accompagnée par l'accordéoniste Filipe Raposo ou par un autre encore, Pedro Santos. Et je trouve que l'accordéon s'accorde bien avec cette couleur de mélancolie, que j'évoquais plus haut. C'est pourquoi, de même que Gorka Hermosa a fait un album avec un guitariste de flamenco, je souhaite que Maria Berasarte fasse un album avec Gorka Hermosa, que j'admire sans réserves, un album du même style : fado, saudade et mélancolie.

Un dernier mot pour signaler que ce disque est un bel objet en tant que tel et qu'il comporte un livret explicatif du parcours et du projet qui le fonde ainsi que les textes en français et en anglais des chansons qui le composent informatifs et explicatifs.

lundi 1 septembre 2014

lundi 1er septembre - megapolis

En juillet 2011, Guillaume Saint-James [Guillaume Saint-James Sextet / Jazzarium] enregistre un album intitulé "Polis". En octobre 2013, il enregistre un album intitulé "Megapolis". Pour celui-ci, il adjoint au Sextet / Jazzarium l'orchestre symphonique de Bretagne. La proximité, pour ne pas dire la ressemblance manifeste entre les deux titres, suggère qu'il y a entre eux une relation étroite, peut-être de continuité. Cette intuition est d'ailleurs immédiatement corroborée par le fait que l'album "Polis" est accompagné du plan d'une une ville dont on ne sait si elle est ou non imaginaire  et que "Megalopolis" se présente en couverture comme une sorte de plan de réseau de transport, par exemple un plan de métro, et qu'on trouve, à l'intérieur, comme pour "Polis" un dépliant grand format précisant et développant ce diagramme.  On sent bien en cela qu'on a affaire à un vrai créateur qui donne forme à une obsession artistique fondatrice de son parcours. La musique est un parcours complexe, qui demande à être sans cesse approfondi.

Mais il y a plus en ce qui concerne la relation entre les deux albums. Quand on lit en effet le programme de l'un et de l'autre, qu'observe-t-on ?

Pour "Polis", 10 titres :

1 - Balkanik Station
2 - Un papillon pour Maria
3 - Pursuit 
4 - Rumba Baloo
5 - Start Pilote
6 - Iruten Ari Nuzu (Les fileuses)
7 - Ceux qui restent
8 - Taxi +
9 - Speed for Spike
10- Social Climber

Pour "Megapolis, 8 titres :

1 - Balkanik Station
2 - Taxi +
3 - Rumba Baloo
4 - Un papillon pour Maria
5 - Iruten Ari Nuzu
6 - Start Pilote
7 - Ceux qui restent
8 - Pursuit

La parenté est évidente. Simplement, on constate des changements dans l'ordre des titres ; on pourrait noter aussi des durées différentes, donc des arrangements différents. Avec, une sorte de point fixe ou des respiration au milieu, à savoir un air traditionnel basque "Iruten Ari Nuzu". J'imagine que Didier Ithursarry n'est pas étranger à cette présence. Une différence importante, quasi essentielle : alors que "Polis" est interprété par le sextet, avec adjonction d'Emmanuel Bex à l'orgue Hammond B3 et, pour un titre, d'Ezra, human beat box, "Megapolis" mobilise autour du même sextet tout l'orchestre symphonique de Bretagne [**]. Ainsi "Polis" prend nouvelle vie et nouvelle forme. D'où le préfixe : mega [***].

J'avais dit, dans l'article que je lui avais consacré, tout le bien que je pensais de "Polis" [*]. Aujourd'hui, je voudrais dire que cette version m'a impressionné. D'emblée on pense à Gershwin ou à Bernstein. Et si l'image n'était pas triviale, je dirais que cette version m'a fait penser à ces énormes camions transcontinentaux qui traversent l'Amérique du Nord en tous sens avec leur taille monstrueuse et leurs chromes : une beauté sauvage, volcanique, oui, mais organisée, canalisée, impressionnante. Des engins d'un autre monde. Une musique du futur.

Bref ! Une œuvre au sens plein du terme, une vraie création. et, pour moi qui suis amateur d'accordéon, le plaisir de retrouver Didier Ithursarry au milieu de ce maelstrom sonore, comme un poisson dans les eaux tumultueuses de quelque océan déchainé.

Un beau disque et même, plus exactement, un bel objet esthétique. A écouter, à manipuler, à lire, à parcourir et à contempler.

[*] Ci-dessous, le lien vers l'article consacré à "Polis"
http://autrebistrotaccordion.blogspot.fr/2012/02/samedi-25-fevrier-le-dernier-opus-de.html


[**] Ci-dessous, le lien vers une interprétation de "Megapolis" par le Sextet et l'OSB. Plus de cinquante musiciens !
https://www.youtube.com/watch?v=IkRoAw1t3-s


[***] Des précisions sur la relation "Polis / Megapolis",  qui m'avaient échappé quand j'ai rédigé cet article.
http://www.orchestre-de-bretagne.com/Megapolis






  

samedi 30 août 2014

dimanche 31 août - chantier de rentrée : agua en la boca

J'ai dit dans l'article précédent comment on avait trouvé au Parvis le dernier album de Guillaume Saint-James Jazzarium : "Megapolis". Avec Didier Ithursarry à l'accordéon. Mais, en poussant un peu plus loin notre exploration, on a aussi repéré un album aussi noir que "Megapolis" est blanc : "Agua en la Boca / Maria Berasarte ", sous-titré :"Au-delà du fado". Ce titre, en tant que tel, aurait suffi a exciter notre attention. Mais, de plus, au dos on peut lire la présence de trois accordéonistes : Filipe Raposo, que nous ne connaissons pas, de Pedro Santos, que nous ne connaissons pas plus, et de Gorka Hermosa, qui fait partie de nos coups de cœur.

On en sait assez pour emmener l'album avec nous.

  
Demain, on retrouve les "petits" à Toulouse pour jouer Papou-Mamou à la rentrée... Dès que possible on écoutera "Agua en la Boca". Forcément, on est plus qu'impatients. Mais, pour l'instant, on l'inscrit en chantier prioritaire.