jeudi 13 septembre 2018

jeudi 13 septembre - lénine renaud : "la gueule de l'emploi"

Mardi 13 septembre. 12h45. La porte de la boite à lettres vient de grincer. On interrompt le déjeuner "pour aller voir"... Et là, surprise ! Une enveloppe dont la taille et le toucher ne laissent aucun doute. Il s'agit en effet d'un cd bien  empaqueté avec ses fiches et autres images qui donnent d'emblée la couleur du style du dit objet. Son titre ?  Lénine Renaud : "La gueule de l'emploi".

Un album qui se montre d'abord comme un septet avançant masqué. Et non dénué d'humour. Un certain sens de la mise à distance. Sérieux, oui, mais pas trop ! En tout cas, avertissement préliminaire : spécial pince-sans-rire. Entre révolution et cérémonie familiale. Forcément, le nom "Lénine Renaud" sonne comme une provocation. Ne pas chercher tout de suite ce qui se cache sous ce projet ; ne pas vouloir d'emblée comprendre. Il s'agit d'un court-circuit.

Chemin faisant, on croise du jazz manouche, des rythmes venus des iles ou d'ailleurs, par exemple d'Europe de l'Est, des accents de valse ou de tango... etc... etc... Mais encore les Têtes raides ou Allain Leprest. Bref ! On pourrait parler d'hyper-réalisme poétique. Une déambulation de marge en marge. "[...] ils chantent les combats ordinaires des inconnus familiers". Entre psychologie et sociologie participatives... Et la vie va...

Et puis, une note manuscrite attire notre attention sur la présence de Sonia Rekis. Comme un fil rouge, comme un petit Poucet qui balise le cheminement du groupe. Sonia, forcément, à l'accordéon, mais aussi à l'accordina sur "Emile" en 9, à l'orgue Hammond sur "Ma copine narcoleptique" en 3, etc... etc... aux percussions  ou aux chœurs. Excusez du peu. Mais toujours la force d'un vrai style. Une présence qui nous met en joie.

 
 
Bon ! On le voit, on est en phase initiale de découverte de cet album et, c'est clair, on sent bien qu'on va y trouver maintes "belles choses", qu'il s'agisse des textes ou des guitares ou, forcément, de Sonia. On en reparlera.

mardi 11 septembre 2018

mardi 11 septembre - à propos du duo intermezzo...

Je n'ai jamais caché mon admiration pour le Duo Intermezzo et, avec Françoise, nous nous faisons une fierté d'avoir suivi sa carrière d'album en concert et de concert en album. Un beau parcours qui suscite l'admiration. Un duo dont la sensibilité va bien au-delà de la virtuosité ! Mais dont la maitrise et la complicité nous font rêver à tout coup pour la plus grande gloire du tango, de l'esprit tango.

Chaque fois que l'occasion s'est présentée, j'ai eu grand plaisir à me faire l'écho des éloges dont les deux membres du duo faisaient l'objet. Mais il me semble que le texte ci-dessous a échappé à ma vigilance. Oubli réparé !

https://www.francemusique.fr/evenements/sortie-cd-invitacion-duo-intermezzo

ps.- et, en prime, ce petit complément...

http://www.duointermezzo.com/invitacion-fr.html

ou... cette bande -annonce...

https://www.youtube.com/watch?v=8oAmZry56tU




lundi 10 septembre 2018

lundi 10 septembre - "l'instant décisif"...

Souvent, je me suis demandé pourquoi j'avais un tel plaisir à faire des photographies au cours des concerts auxquels nous assistons. Plaisir de prendre encore plus que plaisir de lire les images ainsi enregistrées. Plaisir souvent contrecarré par telle ou telle interdiction d'enregistrer ce qui a lieu. Plaisir de voler quelques traces pour se remémorer ce qui a passé sans retour. En fait, après maintes réflexions, maintes hypothèses, j'ai acquis la conviction, sinon la certitude que c'est l'obsession de la recherche de l'instant décisif qui m'inspire et me guide en priorité.

J'emprunte cette notion, voire cette pratique, au photographe Henri Cartier-Bresson, qui la définit comme la "reconnaissance simultanée, dans une fraction de seconde, d'une part de la signification d'un fait, et de l'autre d'une organisation rigoureuse des formes perçues visuellement qui expriment ce fait".

Ce qu'il faut bien comprendre, si l'on cherche à saisir en cet instant décisif l'interaction du sens et de la géométrie des formes, cette harmonie si fugace entre deux perceptions : l'une, de la signification, l'autre de l'espace, c'est que cette saisie ne peut se faire comme par magie, comme par intuition ou par chance. En jouant sur un hasard favorable. Saisir l'instant décisif, et peut être le construire à partir d'un point de vue mûrement élaboré, forcément cela implique de savoir anticiper son apparition. Finalement, c'est cela qui me plait dans l'acte de faire des photographies d'accordéonistes : le devoir d'anticiper sans cesse le moment présent pour se mettre en situation de le viser et de l'identifier au moment d'appuyer sur le déclencheur.

Il faudra songer à approfondir un peu tout cela...

mardi 4 septembre 2018

mardi 4 septembre - "sa petite entreprise..."

A notre retour à Pau, alors que je découvre le dernier opus de Vincent Peirani, après l'avoir écouté en concert à Bougue, une expression, que j'emprunte à Bashung me vient à l'esprit comme une évidence : "Sa petite entreprise ne connait pas la crise..."

Je ne prétends certes pas connaitre toutes les productions ou, pour mieux dire, les créations et autres interprétations de Vincent, mais déjà ce qu'il donne à écouter suffit pour donner une bonne idée de celles-ci. Qu'on en juge par la petite sélection ci-dessous. Sélection où déjà manque "Silent Walk", un album majeur de Samuel Strouk, et où Vincent intervient aves ses collègues, ses complices : Strouk, Salque,  Pujuila et Imbert. Plus de seize disques et l'on est encore loin du compte. Et ça n'est pas fini...ACT se chargeant selon toute apparence d'augmenter chaque jour la sélection.



Ainsi donc, voilà pourquoi j'admire tant Vincent Peirani :

- son énergie et sa puissance mélodique, son attitude à la fois impliquée et distanciée : son humour et sa manière d'entrer en relation avec son public,
- sa capacité de susciter la surprise et l'étonnement, sa musique comme un labyrinthe plein de vraies et fausses pistes,
- qualité qui se manifeste dans son talent pour créer l'attente, le temps suspendu, le suspens,
- sa capacité à s'approprier toute musique qu'il a décidé d'interpréter à sa guise,
- et donc ce génie qui consiste à donner une vie nouvelle à l'œuvre qu'il a élue,
- mais encore sa culture musicale qui le fait passer tout naturellement par exemple de Bechet à Purcell ou de Led Zeppelin à ses propres compositions ou à celles d'Emile Parisien, entre autres...
- mais aussi sa fidélité à un groupe, sous le signe d'ACT, qui se construit d'album en album et de concert en concert... Un groupe qui au fil du temps est devenu une équipe stable et ouverte.

C'est certain. On peut à bon droit dire que sa petite entreprise - pas si petite que ça d'ailleurs - ne connait pas la crise. Pour notre plus grand bonheur.

Bon ! De ce pas, je vais écouter "Living Being II".
ps.- A l'instant de mettre un point final à cet article, je m'avise qu'il manque à ma sélection deux disques majeurs, posés au bord de mon bureau :

- "Est" de F. Salque et V. Peirani
- " Vagabond" d'Ulf Wakenius avec Lars Danielsson et Vincent.

lundi 3 septembre 2018

lundi 3 septembre - quelques notes lapidaires où il est question de bougue, de vincent peirani et de "living being II. night walker"

Il était une fois, en l'église de Bougue, deux concerts de Vincent Peirani. Bougue, un village landais à une dizaine de kilomètres de Mont-de-Marsan. Un concert solo le samedi 25 Août à 20h30. Un duo avec François Salque le dimanche 26 à 16h30. Le premier sous le signe "concert jazz" ; le second sous le signe "classique, jazz, créations".

 Françoise avait repéré ces deux événements depuis des mois. Nous y étions. Deux moments exceptionnels. Quelques images à la volée comme évocation.

L'église. Comme par miracle, trois fois plus d'auditeurs que ne peuvent en accepter les normes de sécurité. De plus, le public... plus qu'enthousiaste. sous le soleil d'Août. En pleine forêt landaise.


 
Vincent tel qu'en lui-même. Présent mais en même temps dans son monde. Vincent, créateur de musique et créateur d'attente.
 



 
Surprise. Je n'avais jusqu'ici jamais écouté un duo accordina-accordéon. Virtuose, explorateur... A la recherche de sons nouveaux... Un blues du fin fond des Etats-Unis. L'émotion est bien là !


Dimanche. Duo. Vincent présent, Vincent ailleurs, Vincent inspiré. Salque aussi. A sa façon.



Par moments, quelle énergie !


Et puis, à notre retour de Bougue, après le rituel des courses alimentaires, absolument nécessaires vu le vide des réfrigérateurs et l'absence de conserves, un petit détour - à tout hasard - par le Parvis. Bonne initiative ! Le dernier cd de Vincent, pour ainsi dire, nous attendait.
 
- "Vincent Peirani, Living Being II, Night Walker". Un disque ACT. un Quintet. On y reviendra...
 
 
 

vendredi 24 août 2018

vendredi 24 août - le duo binaka en l'église de souraïde

Françoise avait bien repéré l'information : le mardi 21 août, à 20h30, en l'église de Souraïde, le duo Binaka. Souraïde est un superbe et attachant village basque, au sud de Bayonne, à 45 kilomètres d'Hossegor. Un parcours contrasté : moitié autoroute transeuropéenne, moitié montagnes russes des routes basque. Un duo qui s'affirme de plus en plus au fil des ans et des concerts. Philippe de Ezcurra, accordéon et bandonéon ; Marina Beheretche, violon. Leurs noms disent assez leur ancrage dans ce Pays basque.

Un programme qui se densifie au fil du temps en alliant les références à Mozart, à Bartók, à J. Guridi, à A. Pärt, à C. Saint-Saëns, à M. de Falla ou encore à A. Piazzolla. Mais aussi en rappel un inattendu "Tango pour Claude" plein d'énergie et de finesse.  Un programme qui dit assez l'esprit d'ouverture qui préside à ce concert. .

Un concert sous le charme de ce duo de la première à la dernière mesure. Une petite église qui, pièce après pièce, explose d'applaudissements et de reconnaissance. Un moment que j'ose dire magique. Un moment hors du monde en plein cœur du Pays basque si lumineux

Ci-dessous, sept images - "résultat brut de décoffrage" - où j'ai essayé de saisir les postures "fondamentales" du duo et, si j'ose dire, dans le même temps, d'en saisir l'esprit dans les arrangements.

Une scène haute de quelques centimètres. Modeste, intime. Le concert sur fond de chœur baroque.  La complicité de Marina et Philippe. D'évidence, ils se comprennent à demi note.



Le violon et l'accordéon. Deux "physiques" contrastés qui vont bien ensemble.


Au total, une formidable permanence des postures disons "fondamentales" du duo. Tout est dans les nuances. De beaux arrangements.


Philippe et son instrument. De près, on saisit la complexité de son jeu. ce que l'on peut nommer sa virtuosité, évidente et toute en sobriété.




Comme final, Piazzolla et donc le bandonéon dont Philippe sait si bien tirer des effets spécifiques. Une belle interprétation du tango.

Voilà. Une soirée en toute simplicité, qui donne le goût de vivre. Qui donne le désir d'écouter Binaka encore et encore. Soit dit en passant : "Ce duo ! Quelle maitrise !"

Rendez-vous donc en 2019 pour une troisième année. A l'issue du concert, quelques mots échangés avec Philippe à qui je suggère cet intitulé :"L'accordéon et le violon : les rencontres de Souraïde"...

"Pourquoi pas ?"

samedi 11 août 2018

samedi 11 août - "l'amuseur", dernier opus de michel macias

Je suis en train de découvrir le dernier opus de Michel Macias, intitulé "L'Amuseur". C'est un vrai bonheur . Quatorze morceaux : dix originaux de Michel lui-même ; un de J. Rameau, arrangements de Michel, un de W. Montgomery, un de JS Bach, arrangé aussi par Michel ("Sarabande, suite pour violoncelle n°4"), un de Dave Brubek.  Forcément, des coups de cœur de Michel Macias. Un disque qui manifeste très explicitement ses préférences et ses enthousiasmes. Entre  musique des iles et références classiques.

Un disque très personnel, bien à l'image de son auteur. Du travail, de l'exigence jamais satisfaite et une extrême pudeur qui semble vouloir nous faire croire que tout ça, c'est, sinon naturel, du moins l'œuvre d'un musicien doué. Au don, je n'y crois pas. Tout ce disque, c'est du boulot, encore et encore. Mais, présenté de telle sorte qu'on pourrait penser que c'est œuvre d'amuseur, comme le suggère le titre.  Un titre à double fond, si je puis dire. Que l'on comprend en lisant les pages de présentation. Où l'on découvre la lignée où se situe l'inspiration de Michel. Où en effet l'on découvre cette clé : l'amuseur est à dans la lignée de Marcel Azzola, Tony Murena, Gus Viseur. Toute une tradition donc. Un musette de haut vol. Et, aujourd'hui, du musette à la mode Macias.

Un mot encore. J'ai beaucoup apprécié la construction de cet album : titres 1 et 2 de Michel, titre 3 de Rameau, titres 4 et 5 de Michel, 6 de Montgomery, 7 et 8 de Michel, 9 de Bach, 10 et 11 de
Michel, 12 de Brubek, enfin 13 et 14 de Michel. Une organisation très pensée. Rien n'es laissé au hasard. Un style inimitable, très au-delà de l'éclectisme. Un parcours de découverte, que je me fais un plaisir de parcourir.