dimanche 3 février 2019

lundi 3 février - "mare nostrum III" : notes au fil de l'écoute...

"Mare Nostrum III" est, comme son nom l'indique, le troisième opus de la série "Mare Nostrum" du trio Richard Galliano, Paolo Fresu et Jan Lundgren.

-"Mare Nostrum", 2007, ACT
-"Mare Nostrum II, 2016, ACT
-"Mare Nostrum III, 2019, ACT

Ce dernier est composé de quinze titres. Le premier est le magnifique "Blues sur Seine", sauf erreur, enregistré en 1992 par R. Galliano lui-même. On ne pouvait rêver meilleure introduction à cet album en particulier pour donner le ton, le climat ou l'atmosphère de l'ensemble des titres.

Album dont l'organisation rigoureuse se lit ci-dessous dans la liste qui fait apparaitre les compositeurs de chaque titre et donc l'articulation et la complémentarité par permutation circulaire entre les différents titres :

1. RG
2. PF
3. JL
4. Michel Legrand
5. Di Capua, A. Mazzucchi
6. RG
7. PF
8. JL
9. Quincy Jones
10. PF
11. RG
12. JL
13. PF
14. JL
15. RG

Au fil des écoutes, pour ne pas risquer d'intellectualiser mes impressions, je m'efforce de m'en tenir à noter les mots qui me viennent spontanément à l'esprit, sans souci de logique ni de justification ni d'argumentation. On n'est pas ici dans le domaine de la critique, ni de la preuve, ni de la vérité objective. Il suffit d'être au plus près de l'émotion.

Je note...

- un fil rouge : le rythme lent de la rêverie ou des songeries
- de titre en titre, travail d'appropriation des compositions de chacun des membres du trio par ses deux collègues, voire complices ; un travail de cohérence de plus de dix ans
- rôle du piano de J. Lundgren : ce que pulsation veut dire
- unité de ton : une mélancolie sans tristesse
- parcours de méditation ; sérénité, maturité, sagesse
- l'enchainement des titres comme un parcours d'évidence : rien de trop
- une ligne claire sans fioritures ni autres ornements
- l'attention qui convient à l'écoute de ce disque est ce que l'on nomme en psychanalyse une attention flottante : au détour, la découverte
- un disque lumineux tout en retenue, en mesure, en réserve : modération et modestie
- un album tout en nuances dont l'écoute requiert une attention de tous les instants

Pour l'heure, je retiens quelques notions-clés :

- appropriation, complicité, unité, cohérence
- songeries, mélancolie
- méditation, sagesse, modération
- évidence, attention






mardi 29 janvier 2019

mardi 29 janvier - soit dit en passant...

Ce mardi 29 janvier : courses du mardi à l'hypermarché. Comme tous les mardis. Un rituel bien réglé comme du papier à musique. On remplit le caddy. On déroule la liste des achats. Diagonale de l'acheteur. Passage en caisse. On en vide le contenu dans des sacs bio-dégradables. On entrepose ceux-ci dans le coffre de la voiture. Trois, quatre, c'est selon. On vide le coffre devant la porte du garage. On entrepose dans la cuisine le contenu des sacs. On range chaque objet à sa place respective. Dans ce placard, sur cette étagère, sur cette autre étagère, dans le réfrigérateur un ou deux ou trois... Une place pour chaque chose, chaque chose à sa place. Rituel, rituel !

Mais je m'avise tout à coup que j'ai oublié une étape essentielle : le moment où, ayant rempli le contenu du caddy dans le coffre de la voiture, on repart explorer les rayons de disques du Parvis. Un peu de hasard, un peu de flair, un peu de chance... On furète, on farfouille, on fouine...

On est là, disponibles. Parcours en diagonale. Quand, tout à coup, Françoise se tourne vers moi, juste pour dire :"Il est là" ! "Il" ? C'est-à-dire "Mare Nostrum III / Paolo Fresu, Richard Galliano, Jan Lundgren", ACT, 2019...

Forcément, on passe illico, sans perdre de temps, à la caisse. Retour à la maison. Mais...Grosse tempête de vent et de pluie. On attendra un peu avant d'écouter cet album dont on attend monts et merveilles.

Voilà pour aujourd'hui. On en reparlera...

  

dimanche 20 janvier 2019

dimanche 20 janvier - où il est question de "piazzolla - piaf"...

J'ai dit hier comment nous sommes en train de découvrir le dernier opus de William Sabatier et du Quatuor Terpsycordes intitulé "Piaf - Piazzolla". Un parcours de plaisir que l'on n'a pas fini d'explorer. Une œuvre à la fois fluide et complexe, lisible et à double voire à triple fond.  Un indice de cette complexité : la couverture définit la formation Terpsycordes comme étant un quatuor alors que le descriptif des titres indique qu'il s'agit d'œuvres pour bandonéon et string quartet. Une double désignation on ne peut plus significative. Un album à l'intersection de deux mondes. Disons classique et jazz, écriture et improvisation.

Quant à moi, je vois le programme de l'album (01;06;36) construit de la manière suivante :

- un volet de cinq titres : "Les hommes de Piaf" pour bandoneon et string quartet (30;00)
- une composition d'A. Piazzolla pour string quartet :"Four for Tango" (6;46)
- un volet constitué par la suite des cinq titres de "Five Tango Sensations" interprétés ici par bandoneon et string quartet (27;0à)
- un titre enfin comme conclusion :"Escualo"pour bandonéon et string quartet (3;20)

"Les hommes de Piaf" est, pour ainsi dire, une relecture de chansons populaires de Piaf par William Sabatier. Cette volonté de relecture se  manifeste clairement par exemple dans le fait que les titres sont originaux et non de simples arrangements ou accompagnements. Par exemple "L'homme à la moto" devient "Avec un aigle sur le dos". Idem, "Depuis le coin de la rue là-bas" est construit librement à part de "L'accordéoniste". Idem encore, "L'homme qu'elle aimait" nous fait faire un bout de chemin avec "La vie en rose". Avec, ici et là des citations en forme de clin d'œil et de complicité.

Que dire de "Five Tango Sensations" ? Nous en avons plusieurs versions et, pour nous, sans discussion, cette suite est un chef-d'œuvre. Avec la version du Kronos quartet, évidemment !  Rien ne m'est plus émouvant que l'atmosphère qui en émane. Une atmosphère de mort imminente. Si j'osais, il faudrait parler ici de la "sombritude" de Piazzolla.

Je pense que mon propos dit assez mon admiration pour cet album. Mais, peut-être, devrais-je dire clairement ce qui m'apparait essentiel, à savoir que c'est en fait une œuvre d'une intelligence rare. Par intelligence, j'entends d'une clarté magnifique quand William Sabatier nous explique les considérations théoriques qui ont fondé ses choix musicaux ; j'entends aussi d'une rigueur et d'une virtuosité exceptionnelles quand, avec ses collègues, il nous donne à entendre un Piazzolla encore inouï. Une belle prise de risque.

Post scriptum... Il me reste, j'en suis bien conscient, beaucoup à comprendre et à apprécier de cet album en tissant des liens multiples entre la musique et le texte de présentation. Pour l'heure, je retiens deux pistes à approfondir :

1.- page 16. "L'adaptation pour bandonéon et quatuor à cordes que nous proposons dans ce disque permet d'inscrire esthétiquement "Escualo" dans la même veine que "Five Tango Sensations" et "Four for Tango". Quelles sont les caractéristiques de cette veine ?

2.- page 21. Dans la suite "Les hommes de Piaf", les mélodies collectées sont extraites de leur "condition" de chanson pour servir une création instrumentale nouvelle, dédiée aux particularité d'un orchestre de chambre". Plus loin, il sera question d'un travail de déconstruction des chansons, voire d'explosion avant de réorganiser une narration. Belles pistes à explorer !

... En attendant, ci-joint un document YouTube de 8;20 environ très intéressant :

https://www.youtube.com/watch?v=5elJTtMI37U







samedi 19 janvier 2019

samedi 19 janvier - où il est question de william sabatier et alli...

Je me rappelle. C'était aux environs de mi-novembre. Françoise avait repéré sur Facebook l'annonce par William Sabatier  de la sortie de son dernier cd. On n'avait pas hésité. On avait passé illico commande au Parvis. Depuis, on a accumulé les contretemps et autres obstacles. On avait presque fini par se décourager et l'on envisageait de passer commande à Amazon. Quand... hier en fin d'après-midi, alors qu'on pousse le caddy entre les rayons de l'hypermarché, un sms nous informe que notre commande est à notre disposition. On n'y croyait plus...

Forcément, on a commencé à explorer les titres de l'album. Nos a priori sont évidemment plus que favorables et notre première écoute ne fait que les renforcer. C'est un beau disque, un bel album. Pour l'instant, c'est le temps de la découverte. Mais, en attendant d'affiner notre prime écoute, quelques mots à partir de quatre images pour se donner une première représentation, une première impression...

Le titre de l'album : "Piazzolla-Piaf / William Sabatier, Quatuor Terpsycordes", 2018 Outhere.  De toute évidence, un bel objet esthétique, pas seulement musical : emboitage blanc mat avec une fenêtre ronde centrale où apparait la décoration d'un bandonéon. Un objet qui se déplie et que d'emblée j'ai plaisir à déplier.


Quelques lignes d'introduction en anglais et un texte informatif / explicatif  de quelques pages (autres versions en français et espagnol) de William Sabatier. Garantie de qualité de l'exposé tant au plan expérientiel que théorique. Sur le volet gauche, le nom des membres du quartet Terpsycordes - violon, violon, alto, violoncelle - et celui de W. Sabatier. A droite, les douze titres répartis en quatre parties : "Les hommes de Piaf" de W. Sabatier ; "Four for Tango" d'A. Piazzolla ; "Five Tango Sensations" d'A. Piazzolla et "Escualo". Toutes pièces, hormis "Four for Tango", pour bandonéon et quartet à cordes.



Le texte introductif en anglais, les portraits des cinq musiciens, le bandonéon et le disque, tout noir. Rigueur et sobriété : très "classe"...


Enfin, une image, en haut, de l'extérieur de la pochette recto  / verso ; en bas, des couvertures du livret d'une dizaine de pages dans chacune des trois langues.

 
Un objet raffiné, manifestement longuement et minutieusement conçu et réalisé. Forcément, j'ai envie de l'écouter dès que Françoise sera revenue de faire quelques courses. Pas question en effet de ne pas l'écouter ensemble. Mais, je l'entends ouvrir la porte d'entrée. On va goûter...

vendredi 11 janvier 2019

vendredi 11 janvier - ... à propos de motion trio...

Juste quelques mots à propos du dernier opus de Motion Trio : un document extrait du "Concerto for harpsichord and string orchestra opus 40" du compositeur Henryk Mikola Gorecki. Le trio s'est adjoint un pianiste, Leszek Mozdzer. C'est une réussite ! Un document - le mouvement 2. Vivace - qui donne une bonne idée du style du trio.

https://www.youtube.com/watch?v=fS1D8oz0fG4

Document auquel on peut ajouter "Sounds of War" / live in Vienna", titre déjà ancien que l'on retrouve dans une version originale en 3 sur "Polonium".

  https://www.youtube.com/watch?v=RmlM1WGh8JY



mercredi 9 janvier 2019

mercredi 9 janvier - motion trio : "polonium"

Depuis l'émergence du mouvement des gilets jaunes, je dois dire que je n'ai guère le goût d'écouter de l'accordéon et en tout cas je ne suis pas assez disponible pour y trouver un vrai plaisir. De l'intérêt, oui encore ; du plaisir, non pas vraiment. J'ai remplacé l'écoute de l'accordéon, voire du bandonéon, par trop de temps passé devant les chaines d'information en continu.

Ajouté à mon état d'esprit, deux commandes qui n'arrivent pas. Deux commandes passées en milieu de mois de décembre. L'une, un cd tout récent de William Sabatier, que le distributeur ne distribue pas ; l'autre, un cd de Motion Trio : "Polonium", 2013,  dont la commande en import  se trouve quelque part en attente.

Comment ai-je eu connaissance de la sortie du disque de W. Sabatier ? Par Françoise qui fait partie de ses amis sur Facebook. Quant au disque du Motion Trio, je ne me souviens plus comment j'ai pris connaissance de sa référence. Bref ! Toujours est-il qu'hier il était là, à nous attendre, au Parvis, comme une récompense après une longue attente et une grande patience.



Le disque est composé de onze morceaux. Les compositeurs sont, selon toute apparence, d'origine polonaise, comme le Motion Trio. Je note ainsi les noms suivants : Gorecki, Wojtarowicz, Lutoslawski, Penderecki, Kilar, Ptaszynska. Quant aux membres du trio, on retrouve encore et toujours. J. Wojtarowicz, Baranek et Gatazyn. Plus un invité sur le titre 1 : le pianiste L. Mozdzer.  Tous les trois accordéonistes jouent sur Pigini, Super Sirius Bayan. Il s'agit bien d'accordéons acoustiques, ce qui parfois étonne tant sont exceptionnels leur virtuosité et leur goût pour les sonorités venues d'ailleurs.

Pour l'heure,  on en est à une première écoute de découverte. La première impression donne envie, si je puis dire, de peaufiner cette écoute, car le style du trio me parait avoir bien évolué par rapport aux derniers disques que je connais. C'est ainsi que je suis étonné par exemple par le titre 1 qui est un concerto pour harpe et orchestre à cordes, et par les cinq moments de "Bucolics" en titres 4-8. Sans compter d'autres pièces comme "Sounds of War", titre 3, ou "Chaconne in memoriam John Paul II" en 9 ou encore "The Last Waltz in Vienna", special track, spéciale dédicace au trio, composée par Marta Ptaszynska... Bref, j'aurais mieux fait, d'entrée de jeu, de dire mon admiration pour l'ensemble des titres.

Mais... on y reviendra...

mercredi 2 janvier 2019

mercredi 2 janvier - gilets jaunes et accordéon...

Parmi les informations que j'ai cherché, au fil des jours, à rassembler au sujet des gilets jaunes, tout particulièrement j'ai essayé de me faire une idée de la place de l'accordéon aux ronds-points, tant il est vrai qu'il est l'instrument populaire par excellence. . A la vérité, j'ai trouvé peu de choses. En tout cas, moins que je l'imaginais.

Parmi le peu que j'ai ainsi repéré, une vidéo d'environ huit minutes. Un document brut qui donne une bonne image de l'ambiance notamment à l'approche de la Saint Sylvestre.

Un document qui pourrait donner lieu à maintes analyses et interprétations : sociologiques, politiques, esthétiques... Ou encore à des débats sans fin entre pro- et anti gilets, entre représentants des partis politiques, etc... etc...

https://www.youtube.com/watch?v=G0EjRuTe_ak

Voilà ! Vous avez vu, vous avez entendu... A chacun de se faire sa propre idée du phénomène !


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Juste un petit post-scriptum.  Alors qu'un responsable auto proclamé des gilets jaunes expliquait sur une chaine d'information que les membres de ce mouvement ne pouvaient être tenus responsables d'aucun incident ou accident sur les ronds-points ou autour des Champs Elysées (on pense à certains incendies et à quelques morts), m'est venu à l'esprit ce syllogisme imparable qui me parait traduire assez bien le raisonnement du dit représentant du dit mouvement...

Les gilets jaunes sont irréprochables
Or certains ne sont pas irréprochables
Donc ceux-ci ne sont pas des gilets jaunes