jeudi 23 octobre 2014

jeudi 23 octobre - vincent peirani et émile parisien à jazz sur son 31

Mardi 21, 18h30, Jazz sur son 31, Magic Mirrors dans la cour de l'hôtel du département : Vincent Peirani-Emile Parisien. Avec nous, Charlotte et Camille. Le bonheur promet d'être complet. Et en effet il le sera : le concert d'abord, puis la rencontre avec Ferdinand Doumerc, le saxophoniste de Pulcinella, dont je trouve le style parent de celui d'Emile Parisien, et encore quelques mots échangés avec Vincent... et enfin le dîner chez "le japonais", près de la place Wilson. Les filles sont sur leur petit nuage. Nous aussi.

Le programme du concert reprend largement celui de l'album du duo : "Belle Epoque". Entre autres morceaux, je note au passage "Egyptian Fantasy", de S. Bechet, "Song of Medina" du même, "Hysm" et "Place 75" d'E. Parisien, "Schubertauster" de V. Peirani, "Dancers in Love" de D. Ellington ou encore, "3 temps pour Michel P." de Vincent Peirani, titre tiré de "Thrill Box".  Bien entendu, je n'ai pas noté sur le moment la suite des morceaux et je m'en tiens à ce qui me revient en mémoire en cet instant. Ce ne sont pas les titres qui m'auraient le plus frappé, car tout était d'un tel niveau que je suis bien incapable de faire la moindre différence entre les uns et les autres. Disons pour faire bref que l'ensemble du concert fait partie de "mes mémorables".

Encore une fois, je trouve difficile, pour ne pas dire impossible de trouver les mots et les phrases pour exprimer mes sensations, mes impressions et mes émotions. Pourtant ce qui m'a frappé et même fasciné c'est d'assister à la création d'une musique qui se manifeste sur le vif. Avec toutes les prises de risques qui y sont afférentes. Jamais l'expression "en direct live" n'a  mieux trouvé son sens. Ce qui plus précisément encore m'a fasciné, c'est le travail de déconstruction/reconstruction appliqué à chaque morceau. Déconstruction et pas démolition. Nuance ! Comme un travail, très fin, très délicat de mise en pièce d'une mélodie initiale, de décomposition/recomposition. Suspense garant ! On se dit à chaque instant :"Mais, qu'est-ce qu'ils vont inventer ?" Et ça, avec une belle dose d'humour, de confiance et de complicité entre Vincent et Emile.

Mais, bon, même si les mots me manquent, je vous le dis : "un concert mémorable".

Post-scriptum. Bien entendu, avant le concert, une voix suave mais plutôt péremptoire rappelle qu'il est interdit de faire tout enregistrement de sons ou d'images. Pas de photos donc, avec ou sans flash. Dont acte. Mais, au moment des rappels, je m'autorise quelque liberté avec cette interdiction. Entre 20h01 et 20h09, en contrebande, je fais une douzaine de photos volées du deuxième rang, entre les têtes des deux spectateurs du premier rang devant moi. J'en garde cinq, que j'ai plaisir à regarder, je l'avoue.

D'abord, le duo. Une image assez fidèle de la posture du duo, avec Vincent pieds nus.



Et puis quatre autres images de Vincent avec sa nouvelle coupe de cheveux. Un  look de yogi. Une musique flamboyante !









mardi 21 octobre 2014

mardi 21 octobre - richard galliano à jazz sur son 31

Hier, lundi 20 octobre. Le Big Band 31 invite Richard Galliano dans le cadre du festival Jazz sur son 31. Françoise a réservé non sans difficultés deux places à Odyssud : rang Q, sièges 18 et 20. A 19 heures, on dîne, fort bien ma foi, au restaurant des artistes. On s'installe à 20h15 dans la salle qui se remplit. Je prends une photographie de ce lieu magnifique. Il est strictement interdit en effet d'enregistrer quelque image ou son que ce soit durant le concert. Lequel concert commence à 20h30. Une belle organisation. Je note par exemple l'absence complète de câbles sur le sol de la scène, ce qui est rarissime. Quant à l'acoustique, c'est la perfection même.   



Après le concert, entre 22h30 et 23h00, on prend un dernier pot au bar des artistes. On a du mal à analyser notre enthousiasme. Un concert à la hauteur de nos attentes. C'est tout dire ! J'essaie, ci-dessous, de garder quelques traces de nos échanges, à chaud...

Le Big Band 31, ce sont cinq saxos/flûtes, quatre trompettes, quatre trombones, un contrebassiste, un batteur et un pianiste, aussi chef d'orchestre. Le Big Band, ce sont en même temps autant de solistes magnifiques. Et puis, avec eux, invité de prestige, Richard Galliano.

Ce qui me frappe durant tout le concert, c'est la puissance du big band et en même temps son jeu plein de nuances et de couleurs variées. Après deux morceaux introductifs, "Vent d'Espagne" composé par l'un des saxophonistes et un arrangement de Bill Evans, entrée en scène de Richard Galliano. Lui aussi, devant le big band "puissantissime", il manifeste une présence incroyable... Ce qui me frappe, c'est sa créativité, une manière de toujours nous surprendre. Et une façon, bien à lui, de nous laisser croire que tout ça coule de source.

A plusieurs reprises, Richard Galliano et le big band interprètent des chansons de Claude Nougaro. Quels arrangements ! Magnifique hommage. Parmi les rappels, une version du "Tango pour Claude / Vie, violence" sublime. A la fin, Richard Galliano prend le micro et encore tout essoufflé il dit :"Je crois que Claude aurait aimé cette version". Un concert d'exception avec le Big Band 31 donc et deux invités : Richard et Claude. Vraiment, Toulouse, quelle ville de culture !

......

Tout en évoquant le concert d'hier soir, je me rends compte qu'une image s'impose de plus en plus à mon esprit, c'est celle de Richard Galliano, seul devant le big band, comme un surfeur qui plane sur la crête des vagues, non pour s'y confronter et s'y opposer, mais pour en apprivoiser l'énergie. Bien sûr, cette évocation demanderait à être approfondie et peut-être même vérifiée quant à sa pertinence, mais, pour l'instant, elle me plait assez. Le big band comme un océan déchaîné, Richard Galliano comme un surfeur entre ciel et eau, loin de la terre.

vendredi 17 octobre 2014

vendredi 17 octobre - marian badoï trio : bunica

Il y a quelques jours, suivant notre rituel hebdomadaire : courses (alimentaires) à l'hypermarché, vider le contenu du caddy dans la voiture, faire un tour (culturel) au Parvis, on tombe sur un disque égaré dans le secteur du blues : "Marian Badoï Trio / Bunica", Lamastrock, 2014.

Une couverture noire : à gauche, un guitariste aux pieds nus ; au centre, un contrebassiste ; à droite, un accordéoniste, dont on peut facilement identifier l'instrument : un accordéon-piano Weltmeister. Pas de doute, il y a là un double parfum, manouche - le guitariste et la contrebasse - et tzigane, version Roumanie - l'accordéon-. Le Weltmeister évoque en effet immédiatement Ionica Minune ou Roberto de Brasov.

De retour à la maison, on n'est pas déçu : virtuosité, improvisation, respect de la tradition. Suivant le titre d'une émission de la télévision, on pourrait dire de cet album :"Des racines et des ailes". Et, pour faire connaissance avec ce trio, trois documents YouTube, qui présentent trois titres de l'album.

1. - "Romans", 3:46
https://www.youtube.com/watch?v=7zKxQQdrLZs

2. - "Suite pour cymbalum",  3:43
https://www.youtube.com/watch?v=Or7WYCJrGtU

3. - "Guitare si basse",  4:53
https://www.youtube.com/watch?v=GLFdZ7hNPAM&index=3&list=PL7IDzA7kmLCggGWzBYUQI1AqzOen-5L1t

p.-s. Autre adresse, celle de l'éditeur, où l'on peut écouter le titre 1, "Les gosses de la rue".
http://www.lamastrock.com/marian-badoi-trio/


jeudi 16 octobre 2014

jeudi 16 octobre - philippe ollivier et le p'tit cirk à bidos


On connaissait Philippe Ollivier par deux cds : d'une part, "Malenki Miki / Musique en liberté dans la zone interdite", 2008, d'autre part "OstinatO", 2009.  Le premier est l'enregistrement d'un solo au bandonéon sur la zone même de Tchernobyl. Un disque émouvant par ses conditions mêmes de création. L'autre est un duo : Philippe Ollivier, bandonéon, accordéons, samples, compositions, et Yannick Jory, saxophones, samples, composition, avec Hélène Labarrière à la contrebasse comme invitée sur cinq titres. Un disque fascinant en ce sens que de morceau en morceau il construit un monde comme une sorte d'envoutement ou même d'hypnose.

Et voilà qu'il y a quelques semaines, je reçois de Philippe Ollivier un courriel où il m'informe de la venue du "P'tit Cirk" à Bidos, commune voisine d'Oloron, et où il me propose très gentiment de nous inviter, Françoise et moi, si nous souhaitons assister au spectacle le 15 octobre. J'avoue ne pas avoir d'autre information sur "Le P'tit Cirk" et n'avoir aucune idée précise de ses prestations, mais la présence même de Philippe Ollivier suffit à nous décider à lui répondre favorablement. C'est en effet une belle occasion d'écouter un musicien que l'on apprécie mais que l'on a peu l'occasion d'écouter, du moins en direct live.

Et donc, ce mercredi, un peu avant 20 heures, nous voilà devant l'entrée du "P'Tit Cirk", en réalité pas si petit que ça.


En entrant, on est accueilli par le son d'un bandonéon et d'un saxophone. Une musique venue du ciel. On lève la tête, il est bien là, tout en haut d'un mat, à plusieurs mètres du sol.


De l'autre côté du centre de la piste, le saxophone. On reconnait immédiatement le monde de l'album "OstinatO".

Je fais quelques photographies pendant que les gradins se remplissent. On fait le plein. Bonne initiative de ma part, car, pendant le spectacle, interdiction de faire des photos, avec ou sans flash. C'est bien ! Ainsi, toute l'attention est focalisée sur les artistes. Quatre acrobates et les deux musiciens. Le spectacle dure 1 heure 15. C'est un spectacle où les adultes applaudissent les performances et l'humour des acrobates ; où les enfants manifestent leurs émotions en battant des mains ou en poussant des cris. Les uns et les autres rient aussi.

C'est un vrai moment de bonheur. D'autant plus heureux que les deux musiciens donnent du rythme à tous les moments des exploits ou des facéties des acrobates. Une musique venue des hauteurs du chapiteau. Venue d'une sorte d'au-delà. En tout cas, une belle complicité entre le bandonéon et le saxophone.

Après le spectacle, on a eu la chance de pouvoir échanger quelques mots avec les acrobates et le saxophoniste - un bar ! Quelle heureuse initiative ! - et surtout de pouvoir discuter avec Philippe Ollivier de sa musique, de ses projets, de Tulle et d'autres choses encore... Bref ! Un beau spectacle, une belle rencontre. On est rentré à Pau dans la nuit noire ; on avait plein de bonnes sensations à partager. Merci Philippe !

Si vous voulez en savoir plus sur Philippe Ollivier... Cliquez...

http://www.philippeollivier.com/

Si vous voulez en savoir plus sur "Le P'Tit Cirk"... Cliquez...

http://www.leptitcirk.fr/


mardi 14 octobre 2014

mardi 14 octobre - laurent derache trio : escape

Quelques mots au sujet de l'E.P., que je suis en train de découvrir, du Laurent Derache Trio : "Escape". Ce disque est composé de quatre titres d'une durée totale d'environ 25 minutes. Le titre 1, "Ready to expect" dure 6:50 ; le 2, "Escape", 6:30 ; le 3, "When Shes Leaving",  5:35 et le 4, "Brainstorming", 5:15. Il a été enregistré les 2 et 4 juin 2014 au studio Sequenza, à  Montreuil par R. Bourcereau.

Le trio lui-même est formé par Laurent Derache, accordéon, Martin Wangermée, batterie et Ouriel Ellert, basse.



Après trois écoutes successives et attentives de cet ensemble  de quatre morceaux, je dois dire d'emblée tout le plaisir que j'ai pris à les découvrir. Plaisir partagé avec Françoise au cours de trois autres écoutes. Comme on dit, on commence à se faire une idée....

Si j'essaie maintenant de prendre un peu de recul par rapport à mes impressions premières, sans pour autant m'engager dans une analyse pour laquelle me manquent les compétences techniques, je note ce qui suit, qui me vient spontanément à l'esprit :

- d'abord, le plaisir de retrouver le son de l'accordéon de Laurent Derache et, avec lui, celui du trio. C'est l'évidence immédiate.
- ensuite, la durée de chaque titre, qui me convient parfaitement ; qui est une durée qui convient à mon attention. Une durée qui permet de construire chaque morceau comme un monde qui s'ouvre, se développe et se referme harmonieusement.
- mais encore, un style propre aux quatre titres auxquels j'associe les notions de lisibilité et de fluidité. Un style qui construit, morceau après morceau, un espace que je qualifierais volontiers de méditatif. Me vient aussi à l'esprit le terme de demi-teinte. C'est ça, une musique en demi-teinte. Pas d'éclats faciles, pas d'excès, rien que des nuances.
- plus j'écoute ces quatre titres, dont je note la grande unité et la forte cohérence, quatre titres à l'architecture semblable, plus je les perçois comme une démarche à la fois tâtonnante et déterminée.
- mais encore, au-delà de la tension inhérente au travail de tissage du trio, sur chaque titre, un moment de vraie jubilation.
- un mot encore : j'ai beaucoup aimé la fin du dernier morceau où le trio nous quitte sur un au-revoir que l'on peut dire émouvant tant il contient de promesses d'autres titres à venir.

Pour finir sur une remarque plus synthétique : c'est exactement le type de jazz que j'affectionne. Architecture, créativité et demi-teinte...

Ci-dessous, les liens vers deux titres de l'E.P. Deux documents très significatifs du style du trio. De quoi comprendre le bien fondé de mon enthousiasme.

- "Escape"

https://www.youtube.com/watch?v=ryCEVgZyOAQ

- "Ready to expect"

https://www.youtube.com/watch?v=fqHNueIpREY

mardi 7 octobre 2014

mercredi 8 octobre - rita marcotulli & luciano biondini duo art : la strada invisibile

Après le "choc" de l'album "Inventio" du duo Jean-Louis Matinier & Marco Ambrosini, publié par ECM, voilà un autre "choc" : "La strada invisibile" du duo R. Marcotulli & L. Biondini, publié par ACT dans une collection de haute volée : Duo Art, où l'on trouve entre autres "Belle Epoque" de V. Peirani & E. Parisien. C'est dire le niveau !

Donc, en écoutant "La strada invisibile", je ne trouve pas de mots satisfaisants pour rendre compte de l'émotion et de l'admiration que cette rencontre suscite en moi. Quand on a mentionné l'excellence technique, la créativité, la culture musicale, l'expérience et l'accord des deux musiciens, la pianiste et l'accordéoniste, on n'a rien dit encore de la spécificité de cet album.

Bref ! Plutôt que de tourner autour de ce que je voudrais dire et que je n'arrive pas à dire, mieux vaut donner ci-dessous deux liens  "efficients", je veux dire efficaces et faciles d'accès :

1.- Quatre extraits du disques sur le site du label ACT ; je les trouve tout à fait significatifs.

https://www.actmusic.com/en/Artists/Rita-Marcotulli-Luciano-Biondini/La-Strada-Invisibile/La-Strada-Invisibile-CD

2.- Un morceau d'une durée de 2:43 enregistré lors d'un concert en 2011. Je trouve intéressant de voir sur ce document la posture de R. Marcotulli et celle de L. Biondini. On comprend mieux ensuite la manière dont ils s'accordent.

https://www.youtube.com/watch?v=pqailkqViz8

lundi 6 octobre 2014

mardi 7 octobre - dez le manoeuvre : billets d'humeur

Dez le Manœuvre vient de publier sur YouTube "Billets d'humeur" et, par la même occasion, de les proposer en téléchargement. Ci-dessous, huit titres, tels que je les ai récupérés sur YouTube.

Je me fais ici l'écho de cet opus parce que j'apprécie particulièrement le rap de Dez et cela depuis la première fois où j'ai eu l'occasion de l'entendre. Des textes en noir et blanc comme des gravures à l'acide. Une seule couleur peut-être... Mais alors, c'est un rouge orangé, violent pour les yeux qui le regardent en face. Est-ce le lever ou le coucher flamboyant du soleil ? Ou bien les lueurs d'un incendie ?

En tout cas, une musique obstinée et qui tape lourd. Du rap au scalpel.

https://www.youtube.com/watch?v=oxvJtgltN0Q  02. "Affaire de mise" 2:55

https://www.youtube.com/watch?v=oxvJtgltN0Q 10. "Les 10 secondes" 4:16

https://www.youtube.com/watch?v=oxvJtgltN0Q 08. "Appel au feu" 4.23

https://www.youtube.com/watch?v=crAT47rkiCA 11. "Pères de famille" 3:41

https://www.youtube.com/watch?v=sVR2LE8rLhQ "Intro" 1:22

https://www.youtube.com/watch?v=FttaetR0XBo 04 "Pourquoi" 4:00

https://www.youtube.com/watch?v=3NVfrXw5FHo 03 "Rêves de gosse" 5:00

https://www.youtube.com/watch?v=7cvaVbBBD3s 12 "Outro" 1:37


Post scriptum. Ci-dessous, le lien vers le clip de "L'appel au feu".  Quand rap rime avec rage.  Curieusement, en le regardant, me viennent à l'esprit ces mots : "Oh ! Rage ! Oh ! Désespoir !". Un monde plus que sombre, un monde noir et blanc - blanches les voitures de police - , avec des éclats aveuglants - les rouges incendies, les aveuglantes explosions -.

- "L'appel au feu", le clip. Durée, 5:24

https://www.youtube.com/watch?v=KXMpOt7l5Ko