dimanche 11 novembre 2018

dimanche 11 novembre - vous avez dit "subliminal" ?

Le dernier opus du SpiriTango Quartet a pour titre :"TrANsGressiOns". Un texte clairement subliminal, qui joue comme un message destiné en même temps à notre conscient et à notre inconscient. Qui joue pour ce faire sur des variations typographiques.

Du coup, tout en lisant ce titre, je me dis in petto : "A quand un prochain opus intitulé "Transgressions / TRANSgrESsions" ?

Un album fidèle à l'esprit du tango de Piazzolla : Piazzolla, encore et toujours, après Piazzolla...

vendredi 9 novembre 2018

vendredi 9 novembre - chemin faisant, un mot à propos de "soledad plays soledad"...

Soledad ! Je me rappelle. C'était à la fin d'un article, en date de ce mardi 6, consacré au dernier opus de SpiriTango. Je disais, chemin faisant, mon admiration pour un quintet d'origine belge : Soledad ! . C'est qu'en effet, me semble-t-il, il ya maintes analogies et ressemblances, tant quant au projet que quant au style, entre les deux formations. Permanence et changements. Même et autre. Respect de la tradition initiée par Astor Piazzolla et prise de risques en s'aventurant sur des chemins encore inexplorés.

Bref ! Je retrouve à l'instant un article remarquable sur Soledad qui accompagne sept minutes on ne peut plus significatives de l'identité du quintet. 

http://jazzaroundmag.com/?p=4430

mercredi 7 novembre 2018

mercredi 7 novembre : tout en écoutant "TrANGressiOns"...

Tout en écoutant avec plaisir pour la énième fois "TrANsGressiOns", je laisse mes pensées aller leur train, tout en parcourant avec intérêt le fascicule joint. Avec des informations lumineuses d'intelligence sur le projet du quartet, sur les compositeurs, sur chaque titre, etc... etc... En tout cas des informations très éclairantes.

Et voilà que mes pensées vagabondes me font remarquer le fait suivant : le premier disque du quatuor est entièrement placé sous l'égide de Piazzolla. Tous les morceaux. Alors que le dernier, qui nous occupe, n'en comporte que deux, les deux derniers. Un parcours de Piazzolla à Piazzolla : un parcours d'émancipation. Après le travail considérable effectué sur le style et l'esprit du génie argentin, le quatuor se sent capable de donner sa propre lecture de ses œuvres.

Cette idée d'émancipation de longue date, en tout cas de cd en cd, me semble corroborée par les remarques suivantes : d'abord, le fascicule note que Piazzolla fut toute sa vie un transgresseur. C'est donc lui faire hommage fidèle que de transgresser ses propres créations. C'est ainsi que "Romance del Diablo" est présentée ici - en exclusivité - en version quartet. De même, le pivot central de l'album est bien défini comme étant "Opale concerto" de Richard Galliano. Avec ce commentaire :"l'Opale concerto" pour accordéon et orchestre, composé par Richard Galliano, [est] arrangé par le SpiriTango Quartet pour une performance orchestrale de chambre - une grande première". Comment mieux dire ce travail d'émancipation du quartet ? Exclusivité, grande première... Comment être plus clair ?

Si on y ajoute cette transgression qui consiste à remplacer le bandonéon emblématique du tango par l'accordéon, et si l'on y ajoute la volonté délibérée de faire appel à des compositrices pour créer des compositions originales et contemporaines dans ce monde de machos, on a saisi quelques lignes de force de l'album. Quelques unes, mais pas toutes. C'est pourquoi je dirais volontiers de ce disque qu'il est à tiroirs... On est loin d'en avoir fait le tour !

mardi 6 novembre 2018

mardi 6 novembre - à propos du dernier opus de SpiriTango : "TrANsGressiOns...

Ainsi donc, le titre du dernier opus de SpiriTango est bien "TrANGressiOns". Et non, tout simplement, "Transgressions". Il faut comprendre que le tango proposé par SpiriTango implique une certaine forme de transgression ; ou encore qu'il n'y a tango qui vaille sans transgression.

On se rappelle alors que la transgression est de la même famille que la désobéissance, l'infraction, la violation des règles. Tout le contraire de l'obéissance, du respect, de la régression, de la conformité à la loi.

C'est bien de cela qu'il s'agit quand on observe le parcours du quartet : un premier disque qui se place entièrement dans le cadre donné par la musique d'Astor Piazzolla, qui s'inscrit dans son esprit du tango :"Rage" ; puis "Chin Chin" placé encore sous le signe de Piazzolla, sous le signe de titres classiques de celui-ci ; mais aussi avec des commandes à des compositeurs contemporains , jusqu'à ce dernier album où le quartet affirme son autonomie. Seules œuvres de Piazzolla, les deux derniers morceaux, à savoir "Romance del Diablo" et "Camorra III". Et à côté de ceux-ci, "Opale concerto" de Richard Galliano ou d'autres compositions commandées à des compositeurs contemporains. Une évolution contrôlée ; une ouverture inscrite dans la logique du projet de cette formation. Une œuvre qui s'inscrit dans une certaine tradition du tango en lui insufflant un sang nouveau. On pense aux arrangements. Mais aussi, par exemple, à l'invitation à une percussionniste sur quelques titres.

Un parcours qui suscite mon admiration. La même que j'éprouve en écoutant les œuvres du quintet Soledad. Un quintet qui me parait construire son projet avec méthode et obstination, comme le fait SpiriTango. Il faudrait écouter les deux formations en parcours croisés ; on y percevrait, je pense, maintes analogies. Par exemple, la présence de Frédéric Devreese comme compositeurs avec les deux formations ne doit rien au hasard, mais manifeste clairement qu'on a affaire à des artistes de la même famille : qui ont des projets semblables. Et qui les réalisent avec une égale maitrise.  

dimanche 4 novembre 2018

lundi 5 novembre - alerte agenda ! le dernier opus de spiriTango...

Le dernier opus de SpiriTango est dans les bacs. C'est une bonne nouvelle ! C'est en effet une formation que nous suivons depuis le début des années 2010 et que nous admirons de plus en plus au cours du temps.

SpiriTango est un quartet : accordéon, contrebasse, violon, piano. Une formation remarquable par son unité et sa permanence. Son énergie et sa créativité. Un collectif formé par quatre jeunes solistes, virtuoses chacun dans sa spécialité. Avec aussi une carrière individuelle.

- Repères discographiques :

Un premier disque en 2012 : "Rage". Un album  consacré exclusivement à Piazzolla.
Un deuxième en 2015 : "Chin Chin". Piazzolla encore, mais, sur les dix titres, six sont consacrés à Piazzolla, quatre le sont à des compositeurs contemporains.
Un troisième, celui-ci :"TrAnsGression, en 2018. Piazzolla encore, pour deux œuvres sur quatorze, mais aussi des œuvres originales commandées à des compositeurs contemporains, ou encore une version propre au quartet d'"Opale concerto" de Richard Galliano. Une évolution de longue date mûrement pensée ; un projet fort. Une belle signature. A cette évolution dans le choix des compositions, il faut ajouter, pour cet album, une invitée : la percussionniste Vassilena Serafimova. Spécificité, continuité et ouverture donc.

Bien sûr, j'y reviendrai après un temps suffisant d'écoute. Une écoute dont j'attends le meilleur, sans crainte d'être déçu. Mais en attendant, un lien pour faire plus ample connaissance.

https://www.youtube.com/watch?v=1Pkd9HRgb8c

dimanche 4 novembre - à propos de styles d'accordéonistes : autre approfondissement...

Continuons le travail entrepris dans mon article du 28 octobre. En empruntant une classification au monde de la tauromachie, qui répartit les toreros entre "scientifiques", "artistes", "belluaires" et "pathétiques", j'avais essayé de retrouver quels accordéonistes ou bandonéonistes pouvaient en être les représentants dans le monde musical. Travail subjectif, c'est-à-dire fondé sur ma seule mémoire ici et maintenant, sans aucune recherche systématique.  Sans aucun souci d'objectivité. Juste laisser venir à ma conscience les données immédiates de ma mémoire. Au risque d'oublis majeurs.

C'est ainsi que de nouveaux noms sont venus compléter ma première liste :

- Les scientifiques.

Je note Juan Jo Mosalini, Olivier Manoury, William Sabatier, trois noms du monde du bandonéon.

- Les artistes

Je note Tuur Florizoone, Didier Ithursarry, Gorka Hermosa, Jean-Louis Matinier

- Les belluaires

Je note Fixi

- Les pathétiques

Je note le Cuarteto Cédron

Voilà ! J'en suis là pour l'instant. Je ne doute pas que cette liste ne pourra qu'être complétée, notamment si je parcours les étagères où sont classés nos cds par ordre alphabétique. Je risque alors d'être surpris par certaines absences.

Mais, pour l'heure, deux remarques :

- il serait intéressant, me semble-t-il, de chercher non quels musiciens mais quelles œuvres pourraient être classées sous les quatre catégories ci-dessus. Je pense par exemple au "Tango pour Claude" dans la catégorie "Belluaires" ou à "Mare Nostrum 1" dans la catégorie "Pathétiques".

- en affinant le travail de classement, je pense que forcément on trouvera des musiciens à situer dans plusieurs catégories. Par exemple, Richard Galliano ou Astor Piazzolla sont à classer dans les quatre tant leur génie est immense et hors norme. Mais, d'ores et déjà, s'impose à moi comme une évidence l'idée que Manu Comté et Soledad  doivent figurer dans les quatre classes. Cette remarque pourrait bien ouvrir une nouvelle piste, à savoir qu'il existe des artistes à répertoire large et d'autres à répertoire ciblé. Par exemple respectivement Vincent Peirani et Daniel Mille. Piste à explorer ! Les rencontres multiples de Vincent sous le label ACT, d'une part ; l'hommage de Daniel à Piazzolla, disque et concerts "Cierra tus ojos", d'autre part.  

mercredi 31 octobre 2018

mercredi 31 octobre - à propos de styles d'accordéonistes : approfondissement...

Bref rappel de la situation...

 " [Il y a deux ou trois jours, alors que je feuilletais] quelques livres à reclasser, je suis tombé sur un bouquin de tauromachie intitulé "Toreros dans l'arène". Un ouvrage d'un célèbre critique taurin, A. Lafront (Paco Tolosa), où il propose de classer les toreros en quatre principales catégories :

- Les scientifiques
- Les artistes
- Les belluaires
- Les pathétiques

 Tout de suite, l'idée m'a amusé de voir si cette classification pouvait s'appliquer mutatis mutandis aux accordéonistes
"... et autres bandonéonistes. J'ai voulu tout de suite en évaluer la pertinence. Pour ce faire, j'ai noté les notions que j'associais spontanément à chacune de ces classes et j'ai cherché dans ma mémoire quels musiciens pouvaient en être les représentants. En mobilisant, en l'instant, ma mémoire, sans parcourir systématiquement la liste de mes disques, sans recourir non plus à la liste des concerts auxquels nous avons assisté. Au bout du compte donc, une liste établie sur le moment en toute subjectivité. Liste d'accordéonistes de tous types et de bandonéonistes.

- Les scientifiques

Ce sont des musiciens qui évoquent pour moi une approche rationnelle et conceptuelle du répertoire existant ou à créer de l'accordéon. Importance primordiale de l'histoire du répertoire des œuvres de l'instrument. Un travail qui combine respect de la tradition et  création d'arrangements. Beaucoup de prises de risque ; beaucoup d'érudition.

Je pense à Vincent Lhermet, à Pascal Contet, à Janne Rättyä, à Mika Väyrynen. En ce qui concerne ces deux derniers, je pense à leurs interprétations des "Variations Goldberg" qui m'avaient beaucoup frappé d'emblée. Je pense aussi en particulier à Pascal Contet, à sa culture et à ses audaces. Ou encore au Duo Intermezzo, à leur connaissance d'Astor Piazzolla, leur respect de son œuvre et leurs libertés. .

- Les artistes

Cette catégorie, pour moi, correspond à un jeu où l'émotion est primordiale. Où la relation avec les auditeurs est quasi fusionnelle. Où l'imagination est à tout instant surprenante : interprétation et arrangements inattendus. Toujours étonnant. Je pense à Dino Saluzzi,  à Daniel Mille, à Raul Barboza, à Klaus Paier, à Lionel Suarez, à David Venitucci, à Sonia Rekis, à Vincent Peirani, à Francis Varis.

- Les belluaires 

On se rappellera ici que le mot "belluaire" découle de l'idée de lutte contre des bêtes sauvages. C'est un autre mot pour désigner les gladiateurs. Ici donc, c'est l'énergie hors du commun qui emporte les auditeurs en suscitant leur enthousiasme. Chair de poule... Un monde de bals ; bal musette, mais pas que... un monde souvent associé à la danse. Jusqu'à l'épuisement des danseurs. Une musique destinée à susciter gestes et mouvements.  Je pense à Michel Macias, à Didier Laloy, à Johann Riche, à Clifton Chenier...

- Les pathétiques

Un monde d'émotions intenses, d'interprétations bouleversantes, quasi hypnotiques et spécifiques à chaque artiste. Une virtuosité qui tétanise ou, si l'on veut, qui pétrifie l'auditeur comme la Méduse de la mythologie grecque. En tout cas qui met hors jeu toute pensée critique ou discursive. Je pense au Kronos Quartet, notamment à l'album consacré à Piazzolla :"Five Tango Sensations" ; je pense à Marc Perrone, à Stéphane Delicq, Régis Gizavo.


Au terme de cet essai de classification des accordéonistes en fonction de leur style, on pourra s'étonner de n'y voir point figurer Richard Galliano. C'est tout simplement parce qu'il faudrait l'inscrire dans chacune de ces catégories. En quelque sorte, il faudrait ouvrir pour lui une catégorie transversale. Il faudrait aussi noter, pour quelque catégorie que ce soit, son rôle d'explorateur et de fondateur. En tout cas, il est évident qu'il n'est pas possible de le situer autrement que comme unique. On a le sentiment qu'il tente tout avec une égale réussite.