dimanche 3 janvier 2016

dimanche 3 janvier - samedi à cinq heures ma mère est morte

Après le réveillon de Noël passé en famille à Pau, les "petits" avaient décidé de passer celui de l'An nouveau à Hossegor. Le feu dans la cheminée le soir de la Saint Sylvestre, un fantasme qu'ils voulaient absolument réaliser. C'est ainsi qu'on les a rejoints mardi et qu'on a bu, mangé et dansé d'abondance. C'est ainsi, étant donné le temps délicieux, qu'on a maintes fois fait un tour jusqu'à la plage pour voir l'océan, qu'on  nomme, je ne sais pourquoi "la mer". On attend les vagues ; on les compare aux précédentes ; on fait des paris sur la forme et l'intensité des suivantes... Et puis, vendredi, retour à la maison : Pau pour nous, Toulouse pour les "petits". Dans la boite à lettres, délicate attention du Père Noël, deux albums commandés il y a peu :

- "Hommage à Henri Dutilleux / Fabrice Bihan, violoncelle - Philippe Bourlois, accordéon", enregistré en septembre 2014, label Triton.
- "Les variations  Goldberg, Jean-Sébastien Bach / Philippe Bourlois", enregistré en avril 2015, label Baroque & Plus.

Comment résister au désir de découvrir tout de suite ces deux albums ? Une première écoute, certes superficielle mais pleine de promesses, me convainc que c'est de la belle ouvrage. Deux albums qui ont, me semble-t-il, en commun de se présenter comme des variations. Deux albums qui sont d'abord deux beaux objets que l'on a plaisir à manipuler et à consulter. Deux objets d'emblée intéressants par les projets qu'ils réalisent et par les explications qui rendent l'auditeur amateur intelligent. Deux objets qui me touchent parce que je les perçois comme des puzzles que l'on voit peu à peu se composer au fil de notre écoute fascinée.

J'avais été séduit par le jeu de Philippe Bourlois à Bourg Saint Andéol ; je retrouve ici le même plaisir à l'écouter. On l'aura compris, cette première écoute, ce premier survol me promettait de remettre dix fois sur le lecteur l'ouvrage...

Et puis, ce samedi 2 janvier, à 7h00, la sonnerie du téléphone nous sort brutalement de notre sommeil finissant. L'appel vient de l'infirmerie de la maison Saint Joseph.

"Allo ! Bonjour... "
" Bonjour ! Vous avez une mauvaise nouvelle à m'apprendre..."
"Oui. Votre mère est morte ce matin à cinq heures..."
"Je viens tout de suite... Mais... Comment ?"
"Disons qu'elle a cessé de respirer..."
"Comme une flamme qui déclinant de plus en plus finit par s'éteindre"
"C'est ça !"

Aucun signe de souffrance sur son visage... Une mort, annoncée de longue date, paisible. Du moins est-ce ainsi que je veux interpréter sa dernière apparence. Le cœur n'est certes plus à écouter de la musique, mais d'ores et déjà je sais que le retour à la vie normale se fera en m'immergeant dans le variations Goldberg de Philippe Bourlois et cette idée est une vraie consolation.    

2 commentaires:

Anonymous Frank a dit...

My condoleances to you. A mother is a central figure in everyones life and development. May she rest in peace and may you always bear good memories of her with you.

8 janvier 2016 à 01:46  
Blogger michel a dit...

Merci infiniment Frank for your message ! Thank you ! Happy new year !

8 janvier 2016 à 11:31  

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