samedi 9 janvier 2016

samedi 9 janvier - "hommage à henri dutilleux", un autre disque de philippe bourlois...

J'ai déjà eu l'occasion, dans un récent article, d'évoquer la sortie en même temps de deux disques de Philippe Bourlois :

- "Les variations Goldberg", accordéon solo,
- "Hommage à Henri Dutilleux" en duo avec Fabrice Bihan au violoncelle.

La sortie simultanée de ces deux disques est fort intéressante en ce sens qu'elle alerte l'attention sur le fait que, selon des modalités différentes, on peut les considérer l'un et l'autre comme des variations, un jeu sur la dialectique du même et de l'autre. Dans les deux cas, c'est bien d'un travail de variations qu'il s'agit.

En ce qui concerne "les variations Goldberg", l'art de Philippe Bourlois s'inscrit dans une tradition de longue date, une tradition fondatrice de la culture européenne, et pour ma part j'y vois en quelque sorte comme un chef-d'oeuvre de sa part au sens où il est question de chef-d'oeuvre dans le monde des compagnons.

J'ai déjà dit toute mon admiration pour cette création de Philippe Bourlois et j'ai essayé dans une première approche, sinon d'en faire l'analyse - j'en suis bien incapable - du moins d'essayer de comprendre ma propre subjectivité à l'écoute de ces variations. Un travail donc de compréhension, non d'analyse objective.

Quant à l'hommage à Henri Dutilleux, s'il s'agit aussi de variations, bien des spécificités le différencient des variations Goldberg. D'abord, dans un livret de présentation remarquable, on découvre que les treize morceaux ou pièces sont composés de trois strophes sur le nom de P. Sacher par H. Dutilleux lui-même et de dix œuvres de dix compositeurs contemporains différents, "chacun s'appuyant explicitement sur une citation musicale extraite de son [H.D.] Œuvre".

Sur ces treize œuvres, huit sont pour violoncelle solo, cinq pour violoncelle et accordéon. Chacune fait l'objet d'une description et de commentaires par son compositeur lui-même. L'ensemble de ces textes respire l'intelligence, la maitrise et la considération pour l'auditeur.

Pour moi, qui n'ai à proprement parler aucune culture musicale véritable, c'est un disque difficile à aborder et, encore plus, à s'approprier. Et c'est justement en cela qu'il m'intéresse. J'ai en effet l'intuition qu'en l'écoutant encore et encore - ce à quoi je suis déterminé - je saurai un jour l'apprivoiser et m'y accommoder. C'est dire que j'en attends un vrai plaisir : celui que l'on éprouve à l'écoute de beaux sons bien architecturés, mais aussi le plaisir d'apprendre.

Il y a en effet deux modalités principales de l'apprentissage : soit assimiler la nouveauté à ce que l'on savait déjà, l'intégrer à du déjà connu, qui s'en trouve renforcer, soit s'accommoder à la nouveauté et pour se l'approprier opérer un vrai travail de dépassement, une mise en question  de ses connaissances actuelles. En écoutant l'hommage à Dutilleux, je découvre un monde nouveau, un territoire inconnu, encore inexploré, non balisé, du moins par moi. Forcément, c'est excitant. Je connais un peu Philippe Bourlois ; je me suis familiarisé avec son style à l'écoute des variations Goldberg. Ici, il est dans une nouvelle configuration : duo, compositeurs contemporains, exercices de style... Excitant, vous dis-je !

    

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