lundi 20 mai 2013

mardi 21 mai - à propos de danças ocultas


Je ne me rappelle plus comment - hasard de recherche ou conseil amical - j'avais connu la formation "Danças ocultas", dont je ne sais trop comment la qualifier : quatuor ou quartet. En tout cas, ils sont quatre depuis, je pense, une vingtaine d'années et, depuis leur origine, leur réputation n'a cessé de grandir. Et quatre qui jouent du diatonique. Je me rappelle que je les avais découvert par l'album "Travessa da Espera", un disque EMI-Valentim de Carvalho, 1995 & 1998. Une vraie révélation. Puis, par chance, nous les avions écoutés en direct live à Trentels en 2008.  Le type de concert qui laisse des traces indélébiles. A cette occasion, j'avais pu acheter deux autres albums : "Danças ocultas", 1995, même label, et "Danças ocultas / Pulsar", 2004, Magic Music.

A la fin de leur concert à Trentels, cette année, ils proposaient un nouvel album : "Danças ocultas / Alento", 2012, Eter-Music. C'est un disque qui relève de la catégorie "best of" en ce sens qu'il est composé à partir de morceaux des cds antérieurs, hormis le dernier titre "Moda Assim Ao Lado", enregistré en direct à Lisbonne le 30.10.2004. Je note, en parcourant la liste des musiciens, que si les quatre membres de "Danças ocultas" sont toujours les mêmes, ils n'hésitent pas à accueillir des invités, qui donnent une couleur particulière à leurs interpétations. Je pense, par exemple, à "Alchimie", composition, voix et percussions d'Abed Azrié.


"Danças ocultas" fait assurément partie de mes formations de prédilection. Leur style est unique. Il faudrait sans doute un musicologue ou du moins un spécialiste pour analyser la spécificité de leur jeu sur des accordéons diatoniques, pour décrire les particularités de chacun de leurs instruments, pour montrer la complémentarité entre ces mêmes accordéons, en un mot pour rendre compte de l'originalité de leur musique. Pour ma part, j'en suis bien incapable.

Par contre, si j'essaie de comprendre l'espèce de fascination qu'ils exercent sur moi, j'identifie deux types de facteurs :

- d'abord, leur disposition, déployés frontalement sur toute la largeur de la scène, et leurs postures, presqu'immobiles, mais justement d'une sobriété qui laisse l'attention totalement libre de se porter exclusivement sur leur interprétation.
- ensuite, au plan de l'imaginaire, de mon imaginaire, c'est une musique que je rattache à l'eau et à l'air. Comme l'air, qui est invisible, mais qui "décoiffe", qui failt plier les branches des arbres et qui pousse les nuages dans le ciel, leur donnant des formes étranges, instables, flexibles. Comme l'eau, c'est une musique fluide, mais pas seulement. En écoutant les morceaux du dernier album "Alento",  je ne pouvais m'empêcher d'évoquer le mouvement des vagues de l'océan. De loin, on croit qu'elles se suivent et se ressemblent, à l'identique, mais de près on prend conscience d'unfinis variations, de différences à peine perceptibles et cependant bien présentes. Un rythme fondamental et, sur cette base, une créativité subtile. Et puis aussi parfois des audaces. Je pense par exemple à la virtuosité de ces quatre instrumentistes dans le maniement du soufflet ou encore à cette pièce, dont le titre m'échappe, jouée à Trentels et qui était une authentique composition contemporaine.

Il est certes facile de retrouver "Danças ocultas" sur YouTube, mais, comme introduction au style de cette formation, on peut suivre ce lien :
http://www.youtube.com/watch?v=RzQdrHTf0pc

Après, il y a bien de quoi continuer l'exploration...

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