dimanche 26 mai 2013

dimanche 26 mai - "turbulences"

"Turbulences" ? On a bien une idée de ce que signifie ce mot, mais pour plus de précisions il n'est pas inutile de faire un détour par le Petit Robert. Qui nous dit que ce mot signifie :
1. agitation désordonnée, bruyante
2. formation de tourbillons dans un fluide
3. qu'il a pour synonymes "dissipation", "pétulance", "vivacité"
4. et pour contraires "calme", "tranquillité, "sagesse".

Si l'on étend la recherche à "turbulent", on trouve aussi "agité et violent", "excité", "espiègle", "tumultueux", "chaos" ; avec comme contraires "paisible", "silencieux", "discipliné".

Mais pourquoi s'intéresser tout à coup à cette notion ? Tout simplement parce que "Turbulences" est le titre d'un concerto que Bruno Maurice vient de composer et dont il donnait la création mondiale ce vendredi 24 mai à Marmande.

Mais encore quelques précisions. A notre retour de Trentels, avec une étape à Toulouse pour cause de "Mare Nostrum", nous avions décidé de rester tranquilles quelques jours à Pau. C'est quand même notre résidence principale. C'était le lundi 13 de ce mois. Résolution ferme, d'autant plus que le jardin, la pluie aidant, est devenu lui-même quelque peu "turbulent". Mais dès le lendemain, Françoise me rappelle, en consultant le site de Bruno Maurice, qu'il donne, en création mondiale, son double concerto pour accordéon, clarinette et orchestre à cordes, en hommage amical à J. di Donato. La date ? Vendredi 24 mai ; le lieu ? Marmande, théâtre Comoedia. Pau n'est qu'à 150 kilomètres de cette ville du Lot-et-Garonne, dont au moins 100 d'autoroute. Bon ! Difficile de ne pas y aller. D'autant plus que la veille un courriel de Bruno nous rappelle l'événement. On retient une chambre d'hôtel par Booking, on réserve deux places à l'office de tourisme... Et vendredi, sur le coup de 14 heures, en route. Je passe sur les détails : la pluie, la pluie, la pluie... Un temps de saison, quoi !

La soirée se compose de deux parties subdivisées elles-mêmes en deux volets :

- Partie 1
- 11. "Deux motets" de Mozart par l'ensemble vocal "Maurice Ravel"
- 12. "Divertimento pour cordes" de B. Bartók par l'orchestre des symphonistes d'Aquitaine, direction Ph. Mestres
- Partie 2
- 21. Duo Bruno Maurice - Jacques di Donato, improvisations
- 22. "Turbulences", concerto pour accordéon, clarinette et orchestre à cordes. Bruno Maurice, Jacques di Donato, orchestre des symphonistes d'Aquitaine.

Comment dire ? Je ne voulais pas laisser passer trop de temps avant de rendre compte de cette soirée et, plus précisément, de la partie 2, d'autant plus que je me fie toujours à mes impressions et au souvenir qui m'en reste, sans jamais garder des notes écrites. Mais, en même temps, la découverte du concerto a été d'une telle intensité que je manque de recul pour en esquisser la moindre analyse.

Mais auparavant, quelques mots du duo. J'aurais envie de parler d'improvisation bien contrôlée. Certes, je connaissais les deux complices pour les avoir entendus au théâtre du Pont tournant à Bordeaux. L'effet de surprise était donc passé, mais pas l'admiration pour leur virtuosité. Et je me dis que pour qualifier ce duo on pourrait aussi à bon droit parler de "turbulences". En tout cas, le mouvement imprévisible et l'espièglerie sont bien là. Un plaisir très raffiné, d'autant plus que leur propre plaisir de jouer ensemble et de jouer à se surprendre est manifeste. Je me rappelle "La valse à Hum" de Tuveri, "Maria de Buenos Aires" de Piazzolla et "Nuages" de Bruno et j'en suis encore touché.

 Bon ! Mais, le concerto ? On peut reprendre ici ce qu'en dit le programme qui indique que les trois mouvements, construits de manière classique, "font référence à diverses esthétiques musicales  : tango, improvisation contemporaine, effets sonores, musiques populaires". Pour ma part, deux impressions me viennent à l'esprit :

- d'abord, ce sentiment qu'il s'agit bien d'une œuvre contemporaine, mais qui va au-delà de la plupart des compositions situées comme contemporaines parce qu'elle n'est pas en premier lieu d'essence conceptuelle ou formelle, mais qu'elle entrelace de la recherche et des allusions ou des emprunts à des mélodies de type populaire. Cette dimension mélodique justifie l'idée qu'on est au-delà des jeux purement formels de beaucoup de musique d'aujourd'hui. Difficile de fredonner ou a fortiori de siffloter un concept ; au contraire, plusieurs passages du concerto m'ont aspiré dans leur mouvement dansant. Qui dit "turbulences" dit fluidité...

- ensuite, ce qui est rarement le cas pour moi avec les œuvres contemporaines, à chacun des trois mouvements, j'avais envie de découvrir ce qui allait advenir, j'attendais de découvrir un nouveau paysage. Du coup, je n'ai pas vu le temps passer tellement il était dense. Et j'ai noté que, de mouvement en mouvement, ma perception s'est faite plus claire. Comme si le premier mouvement me permettait de débroussailler le chemin, le deuxième de tracer une piste et le troisième de m'orienter dans le panorama. Mais évidemment, je n'ai qu'une envie, qui est d'avoir d'ici peu l'occasion d'écouter à nouveau "Turbulences"...


Un dernier mot. Provisoirement. Ce vendredi, on a eu assez de chance en ce qui concerne la possibilité de faire des photographies. J'y reviendrai spécialement dans un prochain post. Mais pour l'heure, je me contente de publier trois photos : l'une d'une partie de l'ensemble des instrumentistes du concerto, l'autre de Jacques di Donato, la dernière enfin de Bruno Maurice.






   

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