jeudi 16 juin 2016

jeudi 16 juin - quelques réflexions à partir de "blues sur seine"...

Il y a quelques jours, en entrant dans notre bureau, j'ai été saisi par la musique que Françoise était en train d'écouter. Il s'agissait de "Blues sur Seine" du duo Richard Galliano et Jean-Charles Capon. Un album "enregistré en direct et mixé par Richard Galliano en février 1992 à Paris dans le studio personnel de Richard Galliano". Un accordéon et un violoncelle. Douze titres. 50:21.

Je me suis assis. Toutes affaires cessantes. J'ai écouté, toutes préoccupations suspendues le temps d'écouter l'album. Ecouter et rien d'autre. Pas même une idée. En fait, curieuse expérience : je connais bien cet album, il fait partie de nos préférés, je peux en parler assez précisément. Je croyais le connaitre. Mais c'est comme si je l'écoutais aujourd'hui et comme un disque dont je connais bien intellectuellement les caractéristiques et comme un disque que je découvre, non pour la première fois, mais avec une approche nouvelle.   

Eh bien ! On peut le dire : c'est un pur chef-d'œuvre ! Du coup, après coup, je me suis demandé à quoi tenait chez moi ce sentiment de perfection. Ce sentiment d'avoir affaire, je le répète, à un authentique chef-d'œuvre. un moment durant lequel le monde est comme mis entre parenthèse, durant lequel, hors la musique, il est absent.

A la réflexion, il me semble que ce sentiment de perfection, d'œuvre parfaitement achevée, découle de trois sentiments plus élémentaires, à la fois distincts pour l'analyse, mais en réalité indissociables. Disons entremêlés.

- En premier lieu, le sentiment d'avoir affaire à une évidence qui s'impose à l'esprit, pour ainsi dire, comme une vérité claire et distincte sans qu'il soit besoin d'argumenter ni d'un quelconque raisonnement ni même d'un quelconque discours pour s'en convaincre. On ne peut rien retrancher, rien ajouter. C'est ainsi et ça ne peut être autrement.
- En deuxième lieu, le sentiment d'avoir affaire à une présence qui met hors jeu toute autre réalité, comme par exemple le moment et le lieu où l'on se trouve. Une présence qui joue comme une mise entre parenthèse de tout le reste, si j'ose dire. Comme une  suppression, une suspension de l'environnement.
- En troisième lieu, un sentiment d'adéquation, d'accord parfait, d'harmonie préétablie entre le déroulement dans le temps de la musique et mon propre rythme temporel, pour ne pas dire rythme vital. Sentiment d'adéquation qui va jusqu'à un sentiment d'appropriation ; comme si au fil de l'écoute je m'incorporais littéralement cette vibration que le duo fabrique durant la cinquantaine de minutes que dure l'album.

Après... Quand la musique cesse, il faut émerger, il faut sortir de son rêve éveillé... Mais, c'est une autre affaire.
  

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