dimanche 20 janvier 2019

dimanche 20 janvier - où il est question de "piazzolla - piaf"...

J'ai dit hier comment nous sommes en train de découvrir le dernier opus de William Sabatier et du Quatuor Terpsycordes intitulé "Piaf - Piazzolla". Un parcours de plaisir que l'on n'a pas fini d'explorer. Une œuvre à la fois fluide et complexe, lisible et à double voire à triple fond.  Un indice de cette complexité : la couverture définit la formation Terpsycordes comme étant un quatuor alors que le descriptif des titres indique qu'il s'agit d'œuvres pour bandonéon et string quartet. Une double désignation on ne peut plus significative. Un album à l'intersection de deux mondes. Disons classique et jazz, écriture et improvisation.

Quant à moi, je vois le programme de l'album (01;06;36) construit de la manière suivante :

- un volet de cinq titres : "Les hommes de Piaf" pour bandoneon et string quartet (30;00)
- une composition d'A. Piazzolla pour string quartet :"Four for Tango" (6;46)
- un volet constitué par la suite des cinq titres de "Five Tango Sensations" interprétés ici par bandoneon et string quartet (27;0à)
- un titre enfin comme conclusion :"Escualo"pour bandonéon et string quartet (3;20)

"Les hommes de Piaf" est, pour ainsi dire, une relecture de chansons populaires de Piaf par William Sabatier. Cette volonté de relecture se  manifeste clairement par exemple dans le fait que les titres sont originaux et non de simples arrangements ou accompagnements. Par exemple "L'homme à la moto" devient "Avec un aigle sur le dos". Idem, "Depuis le coin de la rue là-bas" est construit librement à part de "L'accordéoniste". Idem encore, "L'homme qu'elle aimait" nous fait faire un bout de chemin avec "La vie en rose". Avec, ici et là des citations en forme de clin d'œil et de complicité.

Que dire de "Five Tango Sensations" ? Nous en avons plusieurs versions et, pour nous, sans discussion, cette suite est un chef-d'œuvre. Avec la version du Kronos quartet, évidemment !  Rien ne m'est plus émouvant que l'atmosphère qui en émane. Une atmosphère de mort imminente. Si j'osais, il faudrait parler ici de la "sombritude" de Piazzolla.

Je pense que mon propos dit assez mon admiration pour cet album. Mais, peut-être, devrais-je dire clairement ce qui m'apparait essentiel, à savoir que c'est en fait une œuvre d'une intelligence rare. Par intelligence, j'entends d'une clarté magnifique quand William Sabatier nous explique les considérations théoriques qui ont fondé ses choix musicaux ; j'entends aussi d'une rigueur et d'une virtuosité exceptionnelles quand, avec ses collègues, il nous donne à entendre un Piazzolla encore inouï. Une belle prise de risque.

Post scriptum... Il me reste, j'en suis bien conscient, beaucoup à comprendre et à apprécier de cet album en tissant des liens multiples entre la musique et le texte de présentation. Pour l'heure, je retiens deux pistes à approfondir :

1.- page 16. "L'adaptation pour bandonéon et quatuor à cordes que nous proposons dans ce disque permet d'inscrire esthétiquement "Escualo" dans la même veine que "Five Tango Sensations" et "Four for Tango". Quelles sont les caractéristiques de cette veine ?

2.- page 21. Dans la suite "Les hommes de Piaf", les mélodies collectées sont extraites de leur "condition" de chanson pour servir une création instrumentale nouvelle, dédiée aux particularité d'un orchestre de chambre". Plus loin, il sera question d'un travail de déconstruction des chansons, voire d'explosion avant de réorganiser une narration. Belles pistes à explorer !

... En attendant, ci-joint un document YouTube de 8;20 environ très intéressant :

https://www.youtube.com/watch?v=5elJTtMI37U







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