jeudi 11 août 2016

jeudi 11 août - à propos de quatre commentaires à mon article du samedi 6 intitulé "ceci n'est pas un accordéon"...

En ce qui concerne mon goût pour l'accordéon, les choses se sont passées ainsi. C'était dans les dernières années de la décennie 90. Je regardais régulièrement le dimanche matin des émissions consacrées à l'accordéon. J'y trouvais matière à perplexité et à amusement. C'était pour moi un monde exotique. En tout cas, une musique dont je n'aimais pas le son. Je ne l'aime toujours pas. Je sais maintenant qu'il s'agissait d'accordéon musette.

Devant ma perplexité et en dépit de mon amusement, je me suis dit un jour qu'il n'était pas possible que cet instrument si complexe ne serve qu'à produire ce son... J'ai entrepris alors de chercher des disques d'accordéon autres et j'en ai trouvé . Puis nous avons, Françoise et moi, couru les concerts. Dans un rayon de 500 kilomètres ! On a ainsi fait la connaissance de musiciens magnifiques. Avec qui on a noué des liens de sympathie et d'amitié. On continue à explorer ce monde et je me félicite d'avoir un jour décidé de me passionner pour ces accordéons loin du musette d'aujourd'hui. Je dis bien d'aujourd'hui, car les pères fondateurs de ce style, eux, donnent toujours un plaisir rare à leur écoute.

Au point de départ donc de cette exploration du monde de l'accordéon et de ses styles et de ses formes, du classique comme par exemple les variations Goldberg au jazz comme par exemple Daniel Mille ou encore à ce qu'il y a de mieux en musique contemporaine comme Vincent Peirani, au point de départ donc de ce parcours encore inachevé cette simple question quelque peu naïve quoiqu'abstraite et assez heuristique : "Il n'est pas possible que la musique d'accordéon se réduise à ça, je veux dire le musette du dimanche matin à la télé. Il doit exister un autre accordéon..."

En ce qui concerne mon intérêt et mon goût pour la corrida, c'est autre chose. Au point de départ, il y a deux invitations pour des corridas à Bayonne, puis plus tard une corrida à Dax avec Françoise, à l'occasion de la feria de cette ville des Landes et si proche de la culture espagnole . C'était en 1963. Françoise avait alors déjà quelques expériences en matière de corrida. Pour ma part, tout de suite, j'ai éprouvé le désir de mieux comprendre ce monde d'abord très ésotérique, saturé de rituels. En tout cas un mode de contradictions. Depuis, j'ai lu et entendu tous les arguments pour et contre la corrida. J'y reste hermétique. Je n'ai jamais participé à ces échanges entre aficionados qui sont de tradition après chaque corrida. Je m'y ennuie. Trop abscons pour moi. D'ailleurs aujourd'hui, je ne m'informe plus ni sur les toreros ni su les élevages. Pour moi, la corrida commence tel jour à 18 heures et se termine vers 20h30. Dans ce laps de temps, six toros ont été toréés et mis à mort. Dans les règles de l'art. Mais quand c'est fini, c'est fini. Je passe à autre chose. Puis vient la corrida prochaine. Que je découvre comme si c'était la première. Promesse d'émotions.

Alors même que j'écris ce texte, descriptif si possible mais, en tout cas, en rien analytique ni explicatif ni soucieux de compréhension, une question me vient à l'esprit... Depuis 1963, combien de toros de combat avons-nous vus, Françoise et moi, sortir du toril pleins de sauvagerie et mourir d'un coup d'épée - souvent de plusieurs - vingt minutes plus tard ? Oui, combien ?  Disons, estimation basse, cinq corridas par an. Depuis cinquante deux années...  Sans compter les cinq corridas à venir de la feria de Dax 2016... 52 x 5 = 260 corridas. Soit grosso modo, 260 x 6 = 1560 toros ! Mais je n'ai pas l'esprit comptable. Chaque corrida est unique. Ce qui s'y passe, ce qui a lieu dans l'espace clos de l'arène est spécifique.  Inexplicable, incomparable, incompréhensible !







1 commentaires:

Anonymous Annie a dit...

Bonsoir Michel . Mes connaissances en matière d'accordéon sont très lacunaires.. Je ne dirai rien du musette dont j'ignore totalement la sonorité...J'ai cependant écouté le si virtuose Richard Galliano qui nous donne à entendre le meilleur de cet instrument...un instrument donc la seule vue des plis qui se déplient pour se replier perpétuellement sur eux mêmes évoque pour moi le cri écorché vif d'une plainte lancinante d'une obsédante perpétuité...Quant à la corrida ( la course contre la mort)...je l'ai découverte ( forcément)dans les arènes de Dax...là encore , j'ignore tout des règles de l'art taurin...et, mon approche est plus qu'épidermique.. Sous un soleil accablant , cernée par une foule hurlante ,j'ai vu avec effroi les picadors faire couler le sang d'un fougueux taureau ...son sang coulant sur l'autel du sacrifice...spectacle insoutenable que j'ai fui en suivant.. C'était en 1971..première et dernière approche d'un vomitif jeu de cirque réactualisé ...Le sanguinaire Néron devait lui aussi être tout tremblant d'émotion..!.. Mais.." panem et circenses "..!..Et combien de taureaux ont eu le temps de remercier le torero de leur avoir offert une aussi brillante mort ?

11 août 2016 à 15:25  

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