lundi 31 janvier 2011

mardi 1er février - big mac et gotan project

Le Big Mac est un hamburger, le plus célèbre de ces repas complets et néanmoins portatifs que commercialise la chaine de fast food Mc Donald's. Il a été créé en 1968, ce qui montre à quel point la révolution peut prendre des formes inattendues. Comme ce blog n'a pas vocation culinaire, je n'en donnerai pas ici la recette. Quant à ses qualités gustatives, il appartient à chacun d'en juger. Des dégoûts et des couleurs, on ne dispute pas.

En tout cas, nul ne pourrait nier que le Big Mac est le symbole même de la mondialisation et de l'unité de la race humaine. Nulle région, nul pays, nul régime politique qui échappe au régime culinaire de ce fleuron de la célèbre chaîne. On se rappelle qu'une revue d'économie américaine l'a utilisé comme référence pour évaluer le coût et même le niveau de vie entre les pays. Les procédures qui déterminent sa production sont si contraignantes que l'on est assuré, à tout moment et en tout lieu, de trouver la même nourriture, égale à elle-même. Le repas comme produit manufacturé. La cuisine du clonage.

Dimanche soir, il était autour de 22h30. Chemin zappant, je passe par "France Ô", une chaîne que j'aime bien, qui a une véritable identité culturelle et un esprit d'ouverture et de métissage que j'apprécie. Je reconnais immédiatement les images d'un concert de Gotan Project. A Marseille. A un moment donné, en effet, la chanteuse dit :"Bonjour Marseille ! ça va bien ?". Comme elle a dit hier :"Bonjour Lyon ou Paris ou Londres ou..." et comme elle dira demain :"Bonjour Berlin ou Madrid ou Rio ou Buenos Aires ou...". Comme avant-hier et comme après-demain et ainsi de suite. Je m'amuse à prendre quelques photographies sur l'écran du téléviseur. Je reconnais bien les moments que j'avais vécus à Pau, au Zénith. C'est exactement le même concert.





En écoutant ce concert enregistré à Marseille donc, je pense à ma surprise en découvrant le premier cd de Gotan Project et au plaisir que j'avais éprouvé à l'écoute de titres comme "Queremos Paz", "Epoca", "Santa Maria" et surtout "Una Musica brutal" ou "El Capitalismo foraneo".

J'avais moins aimé "Inspiracion / Espiracion", malgré quelques réussites. J'avais trouvé que les éditions limitées tirées de cet album sentait un peu trop l'exploitation commerciale. Le packaging tenait lieu d'inspiration. J'ai encore moins aimé "Tango 3.0". Du concert de Pau, j'ai retenu beaucoup d'effets visuels et sonores, beaucoup de bruits. J'ai eu l'impression d'une énorme machine fonctionnant suivant une procédure invariable pour produire chaque morceau comme un produit manufacturé. Le son transformé en produit industriel. Le son sans pulsation, sans la vie du tango. Et surtout sans rupture de rythmes. Sans surprises ni suspense. Une énorme boite à rythmes, au point qu'à certains moments je m'étais demandé quel était l'intérêt que les musiciens se présentent live sur scène. Parfois, étrange impression, j'ai cru les voir comme des images parmi les images projetées en fond de scène.

Après avoir regardé et écouté le concert de Marseille, une idée m'a traversé l'esprit : de même que le prix du Big Mac a pu servir de critère pour comparer les niveaux de vie entre les différents pays, de même le prix d'un billet de concert de Gotan Project ne pourrait-il jouer ce rôle de référence universelle ?

On l'a compris, je n'apprécie pas beaucoup le Big Mac ; j'ai bien apprécié le premier Gotan Project ; j'apprécie moins le Gotan nouveau. Mais je comprends bien que l'on puisse et aimer le Big Mac et s'enthousiasmer à l'écoute de Gotan Project, hier et aujourd'hui. Leur succès plaide assez en leur faveur.

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