samedi 24 avril 2010

dimanche 25 avril - rencontre de night's dream et de tango 3.0 dans un colissimo amazon

Vendredi soir, à notre retour à Pau, j'ai bien vu, en ouvrant la boite à lettres, que le colissimo d'Amazon était bien là à m'attendre. Sa présence espérée compensait largement celle moins agréable des factures et autres lettres qui demandent réponses.
Les hasards des commandes provoquent parfois de curieuses rencontres. C'est ainsi qu'ont voyagé ensemble "Night's Dream" de Marianne Piketty et Pascal Contet d'une part, et d'autre part le dernier opus de Gotan, "Tango 3.0".

Comme nous devons écouter Pascalo Contet à Trentels vers la mi-mai, j'ai entrepris de mieux le connaitre. Pour cela, après avoir exploré "Electrosolo", "Bouts de souffles" avec A. Emler, "Iceberg" avec Wu Wei, "Nu" avec Chevillon et Corneloup, un duo avec Joëlle Léandre et enfin "Free Way " avec la même, j'ai voulu connaitre "Night's Dream" avec M. Piketty. Après deux écoutes, je dois dire que cet album me plait. En fait, je suis entré d'emblée dans les deux titres 1 et 2, "Night Club" de Piazzolla et "Impression Tango" de Graciane Finzi, et in fine dans les titres 9 à 14, "Six danses roumaines" de Bela Bartok. J'ai plus de difficultés avec des pièces de Bloch, Mettraux, Cavanna ou Gagneux. Cette différence de perception est facile à comprendre : j'ai écouté suffisamment de tango et, en particulier, d'oeuvres de Piazzolla pour m'être donné sinon une culture de cette musique du moins une familiarité suffisante pour m'y repèrer. Ecouter du tango, c'est immédiatement et je dirais spontanément le situer dans un réseau de références que l'on peut à bon droit qualifier de culture. Quant à Bartok, je connaissais ses danses roumaines et donc l'interprétation donnée par le duo Piketty-Contet est immédiatement située par rapport à cette connaissance. Ma perception immédiate est immédiatement comparative. L'interprétation que j'entends pour la première fois est située, repérée, perçue comme différences. En revanche, les auteurs contemporains que je citais plus haut, ne font pas partie de la musique que j'écoute. C'est tout l'intérêt de ce disque de me permettre de faire ce travail d'apprentissage.
Deux "choses" à noter :
- le titre 7 est une composition de J. Léandre, "Blue Butterfly". 2:27. Voyons, voyons... Je savais bien que j'en avais déjà entendu une interprétation ! "Blue Butterfly", 3:16 dans l'album du duo Léandre-Contet.
- plus j'écoute Pascal Contet, plus je trouve son jeu quasi janséniste. Je trouve que la beauté de son jeu tient beaucoup en effet à une impression de rigueur sans failles, une tension extrême, une absence totale de recherche d'effets faciles ou spectaculaires. Et, plus fondamentalement encore, à cette impression qu'il ne joue qu'un minimum de notes. Et cela me fascine, car l'idée me vient que son talent, pour moi, tient aussi à sa manière de sculpter des silences. Je pense à ces oeuvres de peintres japonais où le vide est travaillé et mis en scène pour provoquer notre imaginaire au même titre que les formes explicitement tracées.

A l'opposé du dépouillement que je viens d'évoquer, le dernier opus de Gotan, "Tango 3.0". On y retrouve une certaine pulsation emblématique de Gotan Project. Mais d'autres rythmes sont venus s'y ajouter. Je serais tenté de parler de musique proliférante. A l'origine, toujours le trio Cohen Solal, Makaroff, Müller ; et encore Ch. Vilallonga, Beytelman ou Nini Flores au bandonéon. Mais aussi des choeurs d'enfants, des cordes à profusion, des cuivres et un harmonica. Le nombre des musiciens ayant participé à cet album dépasse la trentaine. C'est comme si l'on avait affaire à une plante luxuriante avec un tronc bien visible, bien posé sur le sol, profondément enraciné, et des branches lourdes de fleurs flamboyantes de toutes sortes. Comme pour les albums précédents, c'est une musique qui impose son rythme cardiaque.



Il faut ajouter que, conformément à la tradition de Gotan Project, l'album est un bel objet plastique. Une sobriété très classe. En observant la couverture et le fascicule intérieur, on voit que les lettres du nom, Gotan, sont formées par des corps entrelacés. En cela, Gotan retrouve une tradition qui a eu son heure de gloire à l'âge d'or de la carte postale.


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