lundi 24 juin 2013

mardi 25 juin - françois castiello : solo I, solo II

J'avais découvert François Castiello par un album de Bratsch intitulé "Notes de voyage". Un disque que j'ai offert à plusieurs copains, qui m'ont toujours dit à quel point ils l'aimaient. Plus tard, je l'ai retrouvé dans un album intitulé "Bratsch / Gypsy Music From The Heart Of Europe". Plus tard encore, un copain m'a offert "Les Gitans". Chaque fois, c'était un bonheur de l'écouter et cependant, je ne sais pourquoi, je n'ai jamais fait de recherche systématique sur sa discographie. Je me fiais au hasard, qui n'est pas si mauvais guide.

Et puis, un jour, j'ai pu me procurer un exemplaire d'occasion de son album "Solo II". Un disque dont je me souviens qu'il fut un vrai choc. Comme un météorite incandescent. C'était en février ou mars 2010.  Je ne me souviens pas avoir fait alors de cette découverte un post particulier. Sans doute la difficulté à prendre la distance de l'analyse.

Et puis, voici qu'il y a quelques jours, un ami m'envoie un courriel où il me dit chercher l'album "Solo I" de François Castiello. Je suis persuadé qu'il est épuisé, mais je cherche... Et en effet s'il est épuisé, je n'en reçois pas moins dimanche une version à télécharger - en toute légalité. Par discrétion, je préfère ne pas dévoiler par quel cheminement ce "cadeau" est arrivé sur mon ordinateur. En tout cas, une belle surprise.



Et voilà que depuis hier, les deux solos tournent sans discontinuer, tant il est vrai que l'un n'attend pas l'autre. Curieusement, c'est assez paradoxal, j'ai l'impression de retrouver François Castiello tel que je l'ai déjà écouté maintes fois et de le découvrir. Quelque chose comme l'exploration d'un tiroir à double fond : on le connait par cœur quand, tout à coup, on s'avise qu'il en cache un autre.

Il y a dans le "Solo II" un texte dont le dernier paragraphe m'a bien éclairé : " Au fil du temps et du voyage au quatre bouts du monde et de quelques autres, mon accordéon s'est enrichi d'histoires, de contes, d'amours et de peines. Il veut commencer à les raconter maintenant. Comment l'en empêcher, un si fidèle et vieil ami ?" Les deux dernières phrases donnent, me semble-t-il, un axe pour écouter et comprendre les deux albums. Et d'abord, il s'agit bien de disques joués en solo. Trop intime pour être partagé. C'est une affaire personnelle entre instrument et instrumentiste. Indissociables. Ils se comprennent à demi-note.

Et donc, une fois encore, l'afflux des impressions ne facilite pas l'analyse. Mais cette fois, j'essaie d'y mettre un peu d'ordre. Même provisoirement.

D'abord, dans le "Solo I", il y a trois compositions de Th. Monk ; et une encore dans le "Solo II". Si j'osais, je dirais que c'est assez gonflé, d'autant plus que la lecture qui en est donnée est très originale. Mais la plupart des titres sont des compositions originales de F. Castiello et l'ensemble manifeste de toute évidence un style très affirmé. Ce style me semble marquer par une certaine mélancolie, de la nostalgie, peut-être même une certaine distance ironique à l'égard d'un monde parcouru en tous sens. Autre dimension : intimité et confidence. Et encore : un sens mélodique, que l'on identifie en quelques notes, entremêlé avec des essais, des recherches, qui font de plusieurs morceaux des esquisses. Sans oublier l'accordéon qui est ici un instrument stéréophonique par excellence. Mais pour comprendre ce que je veux dire il suffit d'écouter l'un quelconque des titres de "Solo I" ou de "Solo II". On comprend tout de suite que l'accordéon a deux claviers.

Parmi les titres des deux albums, certains m'ont touché plus particulièrement. Il n'est pas question bien sûr ni de les ordonner, ni d'en faire un palmarès, il s'agit seulement de noter ici des impressions fortes. Par exemple, pour le "Solo II",  "Flamenco Valse" ou "Fratelli" ou "L'autre Roumaine" ou encore le très surprenant "L'Idole Défunte". Mais j'aurais pu tout aussi bien retenir "Boroto". Lequel "Boroto" est présent aussi sur l'autre album, où je l'ai perçu comme un bel exercice de style : une course éperdue. On en reste le souffle coupé. Cette sélection donc, pour l'album II que je connaissais. Quant à celui que je découvre pas à pas, le "Solo I", outre les compositions de Th. Monk, traitées comme du blues, je retiendrais volontiers "Montagnes russes" ou le musette dans les Balkans. Ou encore "Libertitude", une vraie musique de méditation. Dialogue entre l'accordéoniste et son instrument. Intrus s'abstenir. Sans oublier, en forme d'esquisse, "A bout de Valse" et surtout "Souvenirs" dont le son profond de l'intro donne des frissons et une certaine tonalité prégnante jusqu'à la fin. Par moments, et j'ai trouvé ça émouvant, l'accordéon sonnait comme un harmonica. Au cœur du blues.

Bon ! Le voyage ne fait que commencer, mais d'ores et déjà, c'est sûr, "Solo I" et "Solo II" sont deux albums magnifiques, qui "nous parlent" d'autant mieux qu'ils sont très personnels. Si j'osais je dirais "authentiques".

2 commentaires:

Anonymous Philippe Kadosch a dit...

Je dirais même plus ! Ces 2 albums sont sensas !!!!

27 juin 2013 à 00:40  
Blogger Delcorn des Cartayroux a dit...

...belle analyse, en toute simplicité mais tellement juste ...

27 juin 2013 à 01:40  

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