jeudi 24 janvier 2013

jeudi 24 janvier - ben, mon vieux !

Je suis né en avril 1943. Cette année, du jour au lendemain, entre sommeil et réveil, je passerai donc du statut de sexagénaire à celui de septuagénaire. Déjà que je n'ai aucun plaisir à croiser mon regard dans la glace, je sens que ça va pas s'arranger. Mais il faut bien chaque jour se laver les dents, se coiffer et jeter un coup d'oeil sur son look, et donc se regarder. Bref ! Inexorablement, les années passent et nous avec... Et si l'on manquait de lucidité à cet égard l'environnement se chargerait de nous rappeler à la réalité.

C'est ainsi qu'il y a quelques jours, nous sommes allés voir une exposition au musée des beaux-arts de Pau. Je dis à la dame qui tient l'accueil :"J'ai un pass culturel de la ville". Elle me dit :"Vous dites "je suis vieux et j'habite Pau", ça suffit". Je lui dis : "Il suffit que je dise que j'habite Pau... Pour le reste, ça se voit".

Hier, téléphone. "Bonjour ! Vous êtes bien monsieur R...". "Oui !". "Vous avez plus de soixante-cinq ans ?". "Oui !". "Je représente la compagnie d'assurance X... Avez-vous pensé à vous munir d'un bracelet électronique en cas de malaise ou d'incapacité à vous déplacer ?". "Euh, non... mais je ne vous entends pas... Je suis sourd".

Aujourd'hui, j'allume mon ordinateur et j'ouvre ma messagerie : le premier mail m'alerte sur le fait que je n'ai pas encore souscrit d'assurance obsèques. C'est vrai... Mais sans aller jusqu'à cette extrémité, je prends conscience que je suis un peu inconscient quant à mon avenir. Et pourtant, combien de publicités à la télé qui me rappellent et mon âge et les impedimenta qui l'accompagnent. Il serait temps de devenir un peu réaliste... Alors ? Inhumation ou crémation ?

Je pourrais multiplier les faits du même genre. Je m'en tiens à un dernier pour la route. Il y a quelques semaines, nous étions à Toulouse, Françoise et moi, nous avons pris le métro pour nous rendre à un concert. A l'aller, un homme, jeune, la trentaine, a croisé notre regard. Il était assis. Il s'est levé, offrant sa place à Françoise. On a pensé que ce type était une exception. Mais... Au retour, même scénario. Un type, un peu plus âgé... Il se lève et poliment fait signe à Françoise que la place est libre. C'est bon pour le dos, c'est pas bon pour le moral. Heureusement, ça ne s'est pas reproduit. Heureusement que de manière générale la politesse se perd.

- Et à part ça ?
- A part ça, ça va... D'autant mieux que je viens de mettre sur le lecteur le cd-manifeste d'André Minvielle "abcd'erre de la vocalchimie".

 

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