samedi 29 janvier 2011

lundi 31 janvier - beneyto : les corps imaginaires

Il y a quelques jours, nous sommes allés, Françoise et moi, visiter au musée des Beaux-arts de Pau l'exposition d'un peintre, sculpteur et poète espagnol, Beneyto, qui vit à Barcelone. Le choix de dessins, d'huiles, d'illustrations de textes littéraires et de quelques sculptures nous a paru tout à fait judicieux et bien de nature à donner une idée pertinente de son travail et de ses oeuvre.

L'exposition avait pour titre : "Les corps imaginaires" et en effet il s'agit souvent de représentations d'êtres incertains quant à leur identité : homme ou femme ? être humain ou animal ? anges ou démons ? Bref, des figures ambiguës que l'on situe d'emblée dans une lignée d'inspiration surréaliste. Figures comme extraites d'un récit de rêve, entre innocence, érotisme et perversité.




Une grande partie de l'oeuvre de Beneyto est faite d'illustrations de textes littéraires et ce sont souvent des oeuvres surréalistes. A contempler ces illustrations, on a le sentiment qu'il s'agit bien de son monde et du coup celles-ci coulent de source avec une évidence certaine.

Mais, comme nous roulions vers la maison, nous nous faisions une fois de plus cette réflexion que si l'on trouve pléthore d'oeuvres surréalistes tant dans le champ de l'écriture, que dans ceux de la peinture ou du dessin, ou même de la sculpture, il semble qu'il n'y ait pas de musique surréaliste. Les surréalistes eux-mêmes semblent ne pas avoir considéré la musique comme un art compatible avec l'esprit surréaliste.En cherchant bien,  on trouve des commentateurs pour présenter Eric Satie comme un musicien surréaliste. Ils s'appuient pour cela sur un double argument : d'une part, sur les Gnossiennes, qui seraient en quelque sorte l'expression d'un passage de l'état de veille à l'êtat de rêve, ce qui ne suffit certes pas à définir une oeuvre comme surréaliste et qui, je dois le dire, me parait plus que tiré par les cheveux ; d'autre part, sur l'oeuvre improbable de musiciens belges dont la grande idée aurait été de monter à l'envers des rouleaux d'orgue de Barbarie, ce qui, on s'en doute, produit des effets inattendus et surprenants, mais nullement surréalistes.

Alors, comment expliquer ce vide, cette absence, ce trou noir ? Serait-ce qu'il y a incompatibilité entre l'esprit surréaliste et la musique, mais en quoi réside cette incompatibilité ? Serait-ce que le surréalisme est lié aux images visuelles, à un travail de déplacement, de condensation, de déformation et de transformation de celles-ci, travail qui serait impossible avec le matériaux sonores ? Là encore, la question doit être approfondie. Bref, pour l'instant j'en suis au constat : on ne trouve pas d'oeuvres musicales qui puissent être identifiées et classées sous la catégorie "surréaliste". Il reste à réfléchir aux hypothèses susceptibles d'expliquer ce phénomène ou à explorer le web à la recherche d'une explication déjà élaborée et théorisée.

En attendant, je me demande en parcourant nos quelques disques d'accordéon et de bandonéon s'il en ait ne serait-ce qu'un qui pourrait être rangé sous la bannière surréaliste et pour l'instant je n'en vois aucun. Et donc je lance un appel à qui aurait à me proposer un disque d'accordéon ou de bandonéon surréaliste ; voire, à qui saurait me montrer le lien entre ce disque et le surréalisme.

2 commentaires:

Anonymous Anonyme a dit...

Bonsoir Michel
depuis notre rencontre au pied de la cabane de Berlioz et l'envie que tu m'as donnée d'aller butiner sur ce blog, je ne peux pas résister au plaisir de lire tes articles. Je m'instruis.
Merci. Bernard.

29 janvier 2011 à 12:05  
Blogger michel a dit...

Bonjour Bernard !

Notre rencontre au pied de la cabane de Berlioz avec les tarentelles des Troublamours comme environnement sonore et de surcroît l'apéro, ce fut un bon moment.
Ce blog peut être l'occasion d'autres échanges. Il est fait pour ça. en tout cas, je le souhaite.
Amitiés

29 janvier 2011 à 12:34  

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