lundi 3 mai 2010

mardi 4 mai - richard galliano à carcassonne : sept photonotes de tangaria

Il est 20h52. Le concert a commencé il y a 7 minutes. On sent, de toute évidence, que ce sera un moment exceptionnel. Il y a en effet d'emblée une correspondance très particulière entre Philippe Aerts et Rafaël Mejias. Leur présence, c'est comme les fondations d'une construction. On sent que Galliano est en forme : l'attaque du premier titre suffit pour s'en persuader. L'observation des traits de son visage le confirme. On sent que la présence de Surel va donner au quartet une couleur bien spécifique. Tout autre que la couleur explosive d'Alexis Cardenas. Nul besoin de raisonnement pour comprendre que l'impression première va aller en se confirmant et pour sentir que le concert va aller a mas suivant l'expression des aficionados de corridas. On le sent, on le sait.

20h52. Attitude caractéristique de Galliano. Près du micro ; bien posé sur ses jambes ; un peu penché : c'est le haut du corps qui bouge.

21h07. Déjà un quart d'heure. Les titres s'enchainent sans temps mort : une manière de "ne pas casser" le rythme et de ne pas risquer de rompre le charme. Il y a quelque chose de hiératique dans la posture des quatre musiciens.


21h22. Rafaël Mejias s'est tourné d'un quart de tour. Seul changement de position visible. Economie de mouvements extrême. Classicisme : un maximum d'effets avec un minimum de moyens. Rien de théâtral : la musique, rien que la musique.


21h30. Galliano solo : il joue son Aria, improvise et enchaîne avec "New York Tango".


21h50. On en est au troisième rappel. "La Javanaise", après "Escualo" précédé lui-même par "Les feuilles mortes". Beaucoup de personnes sont debout. On voudrait évidemment que ça dure indéfiniment. Pour ce qui est de l'éternité, on l'a déjà en cet instant. Indélébile. Ce moment a eu lieu : à Carcassonne. On y était. Dorénavant, il fait partie de nous.




22h12. Le quartet s'est retiré dans les coulisses. Il faut se résoudre à quitter la salle. Les instruments sont là, dans la pénombre rouge, violacée, de la scène. C'est étrange, mais je trouve toujours émouvante leur présence avant et après les concerts. Je ne peux me résoudre à les penser inanimés.











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