vendredi 28 mai 2010

dimanche 30 mai - paris jazz corner

Vendredi, 13 heures. Les chiens aboient ; le facteur passe. Le volet de la boite à lettres claque ; il est passé. Une facture de téléphone mobile et un paquet : c'est Paris Jazz Corner. Service impeccable : délais, conditionnement.

Je consulte régulièrement, quasiment chaque jour, la liste des disques d'accordéon proposés par ce site dédié au jazz. Ces derniers temps, l'offre oscille entre 55 et 65, parmi lesquels quelques LP 33 tours. Et quelques exemplaires dignes du plus grand intérêt. Parmi ceux-ci, samedi dernier, j'avais repéré deux cds particulièrement intéressants :

- "Feeling" de Frédéric Schlick, RDC Records, 2002
- "La Bordona" de J.-J. Mosalini, G. Beytelmann et P. Caratini. Label bleu, 1991. Un disque enregistré et mixé en décembre 1982-janvier 1983.

Label bleu : cela suffirait à déterminer mon envie de découvrir ce disque. Un label magnifique ! Mais deux autres déterminations s'y ajoutent : d'abord, le trio lui-même composé de J.-J. Mosalini, de Caratini et de Beytelmann, ensuite le fait que je connais de ce trio un autre album Label bleu, à savoir "Violento", 1990. Un tango post-Piazzolla, très composé, très écrit, à certains égards minimaliste et pétri de l'esprit du jazz. Pour qualifier la rigueur sans concessions de certaines interprétations de Piazzolla et Mulligan j'avais utilisé le terme de janséniste. Rien de trop ! Je dirais volontiers la même chose de cet album. A cet égard, le dernier titre, "Contrabajeando" est caractéristique. En l'écoutant, je pense aux oeuvres de Giacometti et à son travail inlassable pour enlever de ses sculptures toute matière inutile jusqu'à les réduire à une simple vibration. En l'occurrence, j'ai la même impression en écoutant ce morceau. C'est en ce sens que le mot "janséniste" m'était venu à l'esprit.

Tout à l'opposé de cet album tendu comme la corde raide d'un funambule, l'album de Schlick est tout de douceur, de langueur et de fausse nonchalance. On retrouve bien l'héritier d'Art Van Damme. On retrouve bien l'inspiration d'"Art for Art" ou de "New Accordeon". C'est un jazz qui me plait bien. Parfois on pense au Modern Jazz Quartet. Et puis Schlick sait s'entourer : Birèli Lagrène, André Ceccarelli, Diego Imbert, Didier Hoffmann et d'autres moins connus mais non moins talentueux. Toutes les compositions de "Feeling" sont de Schlick, à l'exception du dernier titre "Hard to Say Good Bye" de Toots Thielemans.



Parfois, on peut avoir l'impression qu'on a affaire à des mélodies un peu répétitives et cette impression me parait bien fondée, mais c'est le prix à payer pour entrer dans le monde de Schlick. Le charme d'un certain feeling jusqu'à l'obsession. Le charme d'un certain sourire.


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