mercredi 17 février 2010

mercredi 17 février - accordéon y es-tu ?

François voulait se procurer des partitions qu'elle n'avait pas trouvées par internet. Elle voulait aussi voir la nouvelle collection de Converse. Nous sommes allés au Cultura de Lescar, banlieue de Pau sur la route de Bayonne. Pendant qu'elle faisait son choix parmi je ne sais combien de recueils de partitions, j'ai vaguement parcouru les rayons de cds. Du classique, beaucoup de coffrets, des compilations improbables, des cds de musique basque, des variétés françaises et internationales, des labels indépendants, du rap et de l'électro, mais pas de jazz. Le vendeur me confirme qu'il n'y a plus de rayon de jazz.


Peu d'accordéon. Je finis pourtant par repèrer trois disques où figure un accordéon. Je demande au vendeur de bien vouloir me les faire écouter. C'est plutôt décevant, car notre instrument favori est soit réduit à la portion congrue, soit voué à des tâches sans doute essentielles, mais où sa présence, nonobstant son importance, reste trop discrète à mon goût. Tant pis !


Mais juste avant de quitter le magasin, mon attention est attirée par la couverture d'un disque, qui m'avait échappé jusqu'ici.
Eh bien, le voilà le disque que je cherchais. Inutile de l'écouter. J'imagine déjà des ballades et des airs traditionnels venus du fond des âges ; je situe, à l'intuition, leur origine en Irlande ou dans les Balkans. D'autre part, cette photographie "me dit quelque chose". Je la reconnais sans pouvoir en situer son auteur. Avant de quitter le parking, j'ouvre l'emballage. On peut lire au verso :"Cover Photograph : The Old Accordeonist, by André Kertesz, 1916". En ouvrant la pochette, on peut voir que le nombre des musiciens est déjà respectable : guitare et voix, violon, guitare, basse, alto, piano, batterie pour la formation de base, à laquelle s'ajoutent une clarinette, un saxophone baryton, deux trompettes, un trombone, un tuba, une autre batterie, sept violons, deux altos, trois violoncelles et deux basses. Le disque a été enregistré à Nashville en 2008. tous les morceaux sont chantés.
Si vous avez lu attentivement la liste ci-dessus, peut-être vous dites-vous que j'ai oublié quelque chose ou quelqu'un ? L'accordéon ou l'accordéoniste ? Eh bien, non, ce n'est pas une erreur de ma part : il n'y a pas, dans tout l'album, l'ombre d'un soufflet.
En arrivant à la maison, je vérifie que j'avais déjà vu l'image de couverture dans le photopoche numéro 17 consacré à André Kertesz. C'est, très précisément, la photographie n° 3, intitulée "Accordéoniste, Esztergom, Hongrie, 1916". Kertesz avait vingt-deux ans quand il pris ce cliché.
Je me souviens qu'il y a quelques années nous avions acheté un disque d'airs italiens... Voilà, je l'ai retrouvé : "Lamenti di Mendicanti" (Chants de mendiants), Musique d'abord, Harmonia Mundi. Sur la couverture figure la photographie d'un jeune adolescent en train de faire la manche avec son accordéon et son chat. Photographie signée Ferdinando Scianna / Magnum Photo, 2005. A l'intérieur, pas l'ombre d'une bretelle de piano du pauvre... on se dit que ça aurait dû me servir de leçon. Même pas...

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