dimanche 1 décembre 2013

dimanche 1er décembre - nouvel album de régis huiban : "le train birinik"

Samedi. Midi. Claquement du volet de la boîte à lettres. A l'intérieur, une enveloppe dont je devine immédiatement le contenu : un cd. Ce courrier m'intrigue car nous n'avons aucune commande en cours. A l'intérieur de l'enveloppe, un album :"Régis Huiban / Le Train Birinik". J'ai plusieurs fois rencontré le nom de cet accordéoniste, mais je ne me suis jamais donné l'occasion de l'écouter. Va savoir pourquoi. En tout cas, double plaisir : celui de la surprise et celui de la découverte d'un accordéoniste et de ses compositions. Cet album est à plusieurs titres un bel objet, qui me plait d'emblée. Enregistré en janvier et février 2013 par le Régis Huiban Quartet auquel se sont joints des invités : violon, alto, violoncelle et bugle. Le quartet lui-même est composé de Régis Huiban, accordéon Ballone Burini, Philippe Gloaguen, guitares, Julien Le Mentec, contrebasse et Loic Larnicol, batterie.


- Cet album est d'abord un bel objet artisanal. Il s'ouvre en deux volets et le volet de gauche, à son tour, se déplie en deux volets où l'on découvre de carte postale en carte postale les sept gares desservies par le train Birinik à travers le pays Bigouden. Un train à l'ancienne qui a transporté voyageurs et marchandises de 1907 à 1946. Un bel hommage lui est ici rendu. Une belle évocation par des photos d'époque et une musique d'aujourd'hui.
 


- C'est aussi un bel objet artistique en ce sens que sa facture artisanale, i.e. chargée d'affection et de souci de l'œuvre bien faite donne forme à un projet authentiquement artistique, qui lui donne sens en accomplissant un vrai travail de mémoire. Un travail plein de tendresse qui transforme ce train, moyen de transport, en un véritable mythe.

Pour ma part, je suis frappé par les correspondances et les interactions entre le texte et les photos, qui sont à la fois informatifs et poétiques. Les documents descriptifs prennent valeur de vision poétique et les éléments poétiques sont une certaine manière de description. C'est ainsi qu'une page montre une carte du parcours du train et de ses stations : on ne sait s'il s'agit de description géographique ou de croquis poétique. Les deux évidemment.


- Cet album est en troisième lieu un bel objet musical. J'ai été surpris par la modernité des sept compositions qui constituent cet album. Sept compositions qui correspondent chacune à une gare et j'ai été touché, en les écoutant, par leurs correspondances avec les textes et les documents iconographiques : photos, cartes, extraits de presse, etc... C'est tout un monde qui est ainsi évoqué et pour ainsi dire ranimé. Mais, entendons nous bien ! A aucun moment la musique n'est illustrative ou traditionnelle ou passéiste et cependant son accord est parfait avec la vie du train Birinik. A plusieurs reprises, en écoutant Régis Huiban, j'ai pensé à certains morceaux de Daniel Mille, qui est un accordéoniste que j'admire. J'ai été frappé aussi par la variété des différents morceaux, chacun ayant son inspiration propre. Une musique qui s'aliment à plusieurs sources.

- Cette dernière caractéristique : variété / originalité, ajoutée aux trois précédentes, me fait dire que cet album, sous ses différents aspects, est un bel objet culturel en ce sens qu'il s'inscrit dans un réseau de références et d'évocations qui procurent un vrai plaisir esthétique, intellectuel et sensible. J'ai lu que "Le Train Birinik" est le troisième volet d'un triptyque discographique après "Sans-sommeil" et 2005 et "1732" en 2009. Sans nul doute, je vais essayer de me procurer ces deux premiers volets dans les meilleurs délais.

Au fil de plusieurs écoutes, j'ai pris quelques notes. On peut parler de brut de décoffrage. Ce sont mes premières impressions :

1. "Pont-l'Abbé-Ville". Une atmosphère qui me rappelle "L'attente" ou "Après la pluie" de Daniel Mille. Des nappes sonores comme des nappes de brume.
2. "Plobannalec". Quelques accents du folklore breton mais tout de suite l'accordéon et son jazz méditatif.
3;"Treffiagat".  Un joli jeu de cordes en introduction, vite interrompu par des rythmes quasi brésiliens.
4."Guilvinec". Une mélodie très dansante. Une ritournelle fragile mais obstinée.
5."Penmarc'h". L'accordéon entraine toute une troupe à sa suite, avec une guitare plutôt manouche.
6."Kérity". Mélancolie et demi-teinte.
7."Saint-Gué-Terminus". On finit sur les sons sombres d'une musique quasi expérimentale. Terminus : on quitte un monde, on entre dans un autre. avec la batterie comme guide obsédant. La loco rend l'âme. Le temps est venu de la rêver.   

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