vendredi 18 février 2011

vendredi 18 février - arnotto the cyclop and i & arnottodrom : un voyage au long cours

J'ai reçu il y a quelques jours, le 5 de ce mois précisément, j'ai reçu un courriel annonçant la sortie imminente du dernier opus d'Arnaud Méthivier et Otto Lechner: "Arnotto / the Cyclop and I", et comme j'avais pris contact avec le distributeur pour le commander, j'ai appris qu'une promotion était offerte sous la forme de ce cd et du précédent du même duo : "Arnottodrom / 14 pieces for accordion and two players", pour la somme de 20 euros, port compris. Comment hésiter devant une telle offre ?

Bref, ce matin, à midi pile, sur un tas de courrier désagréable : répondre à des demandes administratives, découvrir que je viens de perdre quatre points sur mon permis pour avoir franchi un feu orange, trouver une facture d'électricité et une autre de gaz, sur ce tas donc, une bonne surprise - de quoi éclairer ce jour maussade -, une lettre dont je devine l'expéditeur immédiatement.


Il suffit d'ailleurs de la retourner pour vérifier qu'il s'agit bien des deux disques attendus.



Ces deux disques d'emblée me plaisent en tant qu'objets. Sobres et quelque peu énigmatiques. Juste de quoi donner envie d'en savoir un peu plus. Photographies minimalistes et graphisme comme gravé à la pointe d'un couteau.

L'intérieur est de même facture : énigmatique et de présentation janséniste.

Divers impedimenta m'ont empêché de donner sinon toute l'attention du moins tout le temps que j'aurais souhaité à l'écoute de ces deux disques. Je sais d'ores et déjà que ce sont des oeuvres qui demandent du temps pour se livrer. Rien de brillant ni de facile. Un cheminement obstiné. C'est d'un monde qu'il s'agit. J'y reviendrai...

En attendant, une première impression immédiate me vient à l'esprit : je pense à une certaine poésie, ample, profonde, qui n'évite ni le ressassement, ni la rumination. Je pense ainsi à ce récit de Julien Gracq, "Le rivage des Syrtes" ; je pense à Isidore Ducasse, comte de Lautréamont, aux "Chants de Maldoror" ; je pense à "La quête de joie" de Patrice de la Tour du Pin ; mais encore à "Exil" de Saint-John-Perse, à "Qui je fus " d'Henri Michaux, aux "Nouvelles impressions d'Afrique" de Raymond Roussel, à "Ulysse" de James Joyce, et je m'avise qu'il y est aussi question de Cyclope. Péguy et Aragon ne sont pas loin. Dans tous les cas, c'est une poésie au long cours, la promesse d'un voyage sans boussole, ni instruments de navigation, ni cartes déjà tracées. Une aventure, pas une croisière.   


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