mercredi 29 juillet 2009

jeudi 30 juillet - goran bregovic au théâtre de verdure de pau

Dans le cadre des animations et autres événements que propose la mairie de Pau pendant la période estivale, il y a en particulier une série de soirées de concerts, tous gratuits. Entre le 15 juillet et le 15 août, une quinzaine de dates : "L'été à Pau". Tous les concerts débutent à 21h15. Ils ont lieu au Théâtre de Verdure. Certains soirs, deux groupes se succédent ; d'autres fois, un seul groupe ou un seul musicien se produit. Par exemple, Ricky Amigos, Grand corps malade, Goran Bregovic et l'orchestre des mariages et des enterrements, Toumani Diabaté, Puppetmastaz, Touré Kunda, etc... Un programme de qualité. un programme riche et varié. Et gratuit.

Les palois et, je le suppose, un certain nombre de touristes se pressent à ces concerts dont la notoriété, à juste titre, augmente d'année en année. Le cadre du Théâtre de verdure est somptueux. Je l'ai photographié dimanche, à 18h20. Jour de relâche. Il était vide, le toit de scène était abaissé, dégageant quelques sommets des Pyrénées en fond de décor. Somptueux ! Seul au monde, un couple d'amoureux au deuxième ou troisième rang.


D'habitude, en arrivant une heure avant le concert, à 21h15 précises, on trouve une bonne place assise. Beaucoup s'installent pour casser une petite croûte avant le concert. Plusieurs baraques : moules- frites, merguez, kebab, ventrêche, fromage du pays, sandwiches en tous genres, offrent du choix pour tous les goûts. Mais en ce jour de concert de Goran Bregovic, mardi 28 juillet, les gradins sont déjà remplis à 20 heures. Une foule colorée, détendue ; des gens heureux. Le soir est délicieux de douceur ; le soleil déclinant derrière les frondaisons éclaire toute chose d'une lumière pâle. Tout le contraire de la musique qui va se déchainer bientôt.

A 21 heures, une sorte de bruissement s'élève de la masse des spectateurs. On sent que quelque chose se prépare. L'attente est joyeuse et fébrile. Finalement, contrairement à mes habitudes, je suis arrivé un peu en retard et donc j'assisterai au concert debout, appuyé contre un arbre bienveillant. Il faut dire que Françoise est restée à Hossegor et que notre conversation téléphonique nous a occupés longtemps. Nous avons tant à nous dire. Des choses sans importance certes, donc essentielles.

Sans le savoir, j'ai pris place à côté d'un groupe de cinq personnes fans de Bregovic. Ils connaissent tous les morceaux, paroles et musiques, et à plusieurs reprises ils crieront de toutes leurs forces les noms des titres qu'ils espèrent. Quand ils ont satisfaction, je ne vous dis pas le déchainement de joie.

A 21h14, un mouvement de foule et des applaudissements attirent mon attention. Ce sont les musiciens qui rejoignent la scène en descendant depuis les gradins supérieurs. C'est ainsi qu'un trombone surgit...



... puis un trompettiste suivi d'un autre trombone.



Au milieu de la scène, l'accordéoniste de l'orchestre accueille ses collègues qui arrivent les uns après les autres. On voit ici les deux trombonistes et le trompettiste.


Inutile de décrire la musique de l'orchestre. On la connait. Ce qui me frappera tout au long de ce concert, fort long pour notre plus grande satisfaction, c'est le professionnalisme de l'ensemble. Aucune place n'est faite au hasard. Une mécanique impressionnante d'organisation et de puissance. Une quintessence de fanfare. On est, malgré soi, emporté par la vitalité des morceaux qui se succèdent. Je suis frappé aussi par la présence magistrale de Goran Bregovic : un geste de la main droite, un signe de la tête, un chef d'orchestre précis et impérieux.
Je ne vous dis pas non plus l'état de mes voisins immédiats, fans de Bregovic, au fur et à mesure que le concert avance. Portés par la foule, elle-même en transes, ils sont à la limite de l'hystérie.
L'accordéoniste, qui est aussi batteur, joue quelques morceaux à l'accordéon. Trois, si mon souvenir est fidèle, peut-être quatre. Curieusement, par contraste avec cette sorte de tsunami sonore, il fait entendre des mélodies pleines de finesse.



A 21h35, il fait encore clair. Les spectateurs ne savent s'ils doivent se lever ou rester assis. Dès qu'ils se lèvent, ils doivent se rassoir tant les vociférations des rangs de derrière sont fortes. Mais le désir de se lever et de bouger est aussi très fort. Alors ils se lèvent à nouveau. Et cetera... Leur mouvement m'amuse. On est en pleine injonction paradoxale.
Sur scène, on peut compter les neuf membres de l'orchestre. De gauche à droite, deux chanteuses, deux trombones, l'accordéoniste / batteur, Bregovic à la guitare, deux trompettistes et un saxophoniste.




Pendant plusieurs minutes, un énorme ballon vert, lourd et agile comme un éléphant, vole au-dessus de la foule des spectateurs, propulsé par des dizaines de mains dès qu'il retombe. Ses mouvements erratiques provoquent ainsi une sorte de hola.




De ma position, il n'était pas facile de photographier l'accordéoniste, d'autant plus que des gens passaient souvent, cherchant en vain soit une place, soit à sortir. Entreprise impossible jusqu'à la fin du concert.
22h10.


22h10... et quelques secondes.



Après le rappel, l'orchestre enchaine plusieurs morceaux et en particulier les uns de mariage, les autres d'enterrement... La foule soûlée de cuivres est agitée de soubresauts comme une sorte d'énorme dragon. Il est 23h25. Le concert avait commencé à 21h15. Gratuit !














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