jeudi 31 mars 2011

vendredi 1 er avril - mes fétiches

Une fois encore - décidément, c'est un travail de Sisyphe - j'avais entrepris de reclasser un certain nombre de cds qui avaient fini par s'accumuler sur une étagère. Pendant un certain temps, on sait qu'on les a déclassés, on les retrouve sans difficultés, et puis petit à petit on finit par s'y perdre. Il faut remettre de l'ordre. C'est la pulsation de la vie. Forcément, si on ne les écoutait pas au gré des circonstances (un concert par exemple) ou de l'humeur du moment ou de quelqu'autre raison, ils resteraient bien à leur place comme des sentinelles façon musée Grévin.

Mais quand j'entreprends ce travail de remise en ordre et de reclassement, je ne me contente pas de remettre chaque cd à sa bonne place. Je les regarde , je les palpe, je lis tout ce qu'il est possible de lire sur la pochette et sur le livret, je les ouvre enfin pour y trouver ici une signature, là des billets de concerts. Toutes ces signatures, tous ces billets, ce sont mes fétiches.

Un fétiche en effet est un objet de culte païen, un objet de religion animiste et polythéiste ; c'est aussi un objet doué d'une force d'influence surnaturelle ; c'est enfin un objet de superstition auquel on attribue un pouvoir de porter bonheur. Ces objets, ces traces de rencontres et de moments d'intense plaisir, correspondent bien à la définition du fétiche.

Devant ces fétiches donc, que je touche ou que je regarde avec une certaine émotion, je me dis qu'ils sont inséparables de ma passion pour l'accordéon, inséparables de la musique elle-même. Si j'écoute un cd ainsi signé ou accompagné de nos billets de concert, c'est tout un environnement qui me revient à l'esprit. Un moment, un lieu, un climat. Mon plaisir en est infiniment multiplié.

Je me rends compte à quel point ma manière d'écouter de l'accordéon est inséparable de son support d'enregistrement et de diffusion, de la matérialité de ce support, et j'observe que Charlotte ou Camille consomment essentiellement de la musique téléchargée sur leurs lecteurs mp3. Cette observation me parait étrange : elles consomment un flux immatériel. Après un morceau en vient un autre qui le remplace sans que celui-là laisse de traces. Leur discothèque, quelle que soit sa taille, tient dans un lecteur mp3, quelques centimètres carrés et quelques grammes. Notre discothèque occupe plusieurs étagères et nous pose sans cesse des problèmes d'espace. Mais d'un autre côté, cette matérialité nous permet de transformer nos cds en fétiches. Opération impossible pour Charlotte et Camille.

Autre temps, autres moeurs, autres pratiques.

1 commentaires:

Anonymous Anonyme a dit...

Ahaa, its fastidious conversation on the topic of this paragraph here at this website,
I have read all that, so now me also commenting at this place.


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8 mars 2013 à 19:32  

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