lundi 10 mai 2010

mardi 11 mai - en attendant trentels

Nous sommes donc rentrés samedi à Pau après un court séjour à Toulouse pour aller écouter à Verfeil l'accordéon de Florian Demonsant avec la formation de flamenco Palokortao. Nous repartons mercredi pour Toulouse, où nous ferons étape avant de rejoindre Trentels jeudi. Le matin, nous ferons un détour par l'aéroport de Blagnac. J'expliquerai pourquoi à notre retour.

Autant dire que durant notre séjour à Pau il fallait régler les problèmes que nous avions laissés en suspens et que la journée de lundi a été consacrée en grande partie à sacrifier à ce que j'appellerais par euphémismes nos impedimenta : laver la voiture, y passer l'aspirateur, faire des achats indispensables, répondre à quelques courriers administratifs, acheter des fruits et des légumes et d'autres nourritures, tondre la pelouse, couper quelques branches du prunier qui montent à l'assaut du toit, etc... etc...

Parmi les dits impedimenta, je suis allé rapporter au service après-vente de l'hypermarché le percolateur des "petits" dont le filtre cédant à la pression de l'eau transforme toute tentative de faire du café en inondation. En repartant, bien sûr, je n'ai pu résister au désir de faire un détour par le Parvis. A tout hasard... Eh bien, justement, il était là, il m'attendait dans le rayon des disques de jazz :

- "Soledad in Concert". Enja, 2010.

Soledad, c'est une assurance qualité tous risques. Déjà, en tant que tel, l'album est un bel objet.


Ils sont toujours cinq : Manu Comté, accordéon, J.-F. Molard, violon, A. Gurning, piano, P. de Schuyter, guitare, G. Cambier, contrebasse. Toujours des pièces de Piazzolla, mais pas seulement. Toujours la même énergie et la même lisibilité incomparable, deux qualités qui ne coexistent pas toujours. Piazzolla, évidemment : "Escualo", "Milonga loca", "Oblivion", "Adios Nonino" ; mais aussi des compositions de F. Devresse comme "Tango", de S. Surel comme "Escales" ou d'E. Gismonti comme "Memoria e Fado" ou "Karaté". Notons encore que l'on trouve, parmi les oeuvres interprétées, trois compositions originales de deux membres de Soledad : "Moon Mist" et "Geai" de Manu Comté, et "Tio" d'Alexander Gurning.

J'ajoute que le disque résulte de l'enregistrement d'un concert et que la présence du public, ses applaudissements comme ses silences brefs mais intenses à la fin de chaque morceau, donne une vie et une chaleur émotive exceptionnelle à cet album. Autre chose : un livret tout à fait intéressant, signé Philippe Cornet. J'y lis cette phrase avec laquelle je me sens en complet accord :"Soledad est un vrai groupe, dont le total est toujours supérieur à la somme des parties". Tout au plus parlerais-je plutôt de "système vivant" que de groupe. Il y a en effet quelque chose de l'ordre du mécanique et de la simple juxtaposition dans les liaisons des membres d'un groupe, alors que l'idée de totalité supérieure à la somme de ses parties désigne à proprement parler un système et plus particulièrement un système biologique : un organisme. J'ajouterais aussi qu'en l'occurrence le tout est plus que la somme de ses parties, mais aussi qu'il est autre, d'une autre nature.

Le rédacteur de la présentation dit encore ceci :"Martha Argerich, qui s'y connait en séduction musicale, parle de Soledad en terme de sex appeal". Je trouve cette approche de Soledad particulièrement pertinente et juste. Elle traduit bien le type d'énergie qui émane du quintet.



Autant dire que le déjeuner sur la terrasse - enfin il ne pleut plus ! - a été accompagné par les treize morceaux de l'album.

Et puis, alors qu'on attaque les guarriguettes du dessert, le bruit des volets de boites à lettres nous alerte. C'est le facteur qui passe... Un colis de Paris Jazz Corner. Assurance qualité tous risques. Je suis amusé par l'écriture de l'adresse. La poste serait impardonnable de se tromper de destination ou de destinataire.

A l'intérieur, deux cds dont je sais peu de choses ; autrement dit , j'ai tout à découvrir de leur contenu
_ "Blue Hat / Soren Siegumfeldt's String Swing, Richard Galliano & Josefine Cronholm". Richard Galliano intervient sur quatre titres. Trois à l'accordéon, un à l'accordina. C'est peu, mais cela suffit à mon bonheur, d'autant plus que la voix de Josefine Cronholm est superbe et que l'ensemble des morceaux est magnifique avec parfois des tonalités brésiliennes étonnantes. A d'autres moments, le jazz s'aventure dans des terrains qui font plutôt penser à de la pop, mais pourquoi pas ? Bien faite, la pop peut être bien agréable.
Pour en revenir à Galliano, il joue donc sur quatre titres : 1."So It Better Be", 5:52 ; 3."Last Tango in Paris" de Piazzolla, 4:48 ; 5."Where Do You Go", à l'accordina, 4:31 ; 10"The Stolen Alphabet", 4:25.
- "Lune Rousse". Un quartet : Matthieu Michel, bugle, Yves Massy, trombone, Daniel Perrin, accordéon, piano, Pierre-François Massy, contrebasse, Marcel Papaux, batterie. On pense à Massot, à Godard, à Fresu... Et l'accordéon qui tisse obstinément le décor.
Bon ! Toujours le hasard qui fait bien les choses : une réparation qui donne lieu à la rencontre avec le dernier Soledad, une visite un soir, vers minuit, à Paris Jazz Corner qui m'incite à commander deux disques dont j'ignore tout et qui se révèlent à l'expérience de purs plaisirs.
... Et je n'oublie pas, avant de publier ce post, où ils se retrouvent cités, que je dois la connaissance de Paris Jazz Corner d'une part et de Soledad d'autre part à Patrick E., que je remercie amicalement ici.






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