lundi 5 avril 2010

mercredi 7 avril - pâques à pau

Comme nous avions le projet d'aller jouer notre rôle de "Papou/Mamou" à Toulouse et pour ce faire de rejoindre "les petits" dès mardi soir, nous avions décidé de rester à Pau durant le week-end et le lundi de Pâques. C'était l'occasion de mettre un peu d'ordre dans les disques, qui finissent par s'entasser en piles hétérogènes, d'en écouter certains, les uns pour nous raviver la mémoire, les autres pour vérifier nos souvenirs, et d'écouter plus particulièrement nos trois albums de Pascal Contet.

Mais lundi après-midi, il faisait tellement beau, la température était si agréable et le ciel si pur, que nous avons eu envie de faire un tour de ville. D'abord, le boulevard des Pyrénées, encore couvertes de neige étincelante, donc récente, sous le soleil. Les palmiers, qui sont comme un symbole de cette cité béarnaise, le long du boulevard ; le quartier de la gare, au-dessous de la palmeraie, avec les lacets du Grand Prix automobile, et le stade en eaux vives. Au loin, vers l'est, comme un phare à l'horizon, le Pic du Midi de Bigorre.

Le parc Beaumont, où se déclinent toutes les nuances du vert, est parcouru par des familles colorées et bruyantes. Le petit train annonce son passage par des coups de sifflets brefs et acides. Des amoureux, étendus sur l'herbe, ignorent cette agitation.

Au bout du boulevard des Pyrénées, l'hôtel du Conseil Général dresse sa masse énorme d'armatures et de vitres noires. Il est planté là comme un énorme miroir. Les derniers immeubles du boulevard s'y reflètent. Le soleil haut explose en le percutant et sa lumière se répand comme un brouillard.

Tout au bout du bâtiment, les vitres renvoient l'image du château, dont on devine la partie originelle et la partie d'allure Renaissance. Cet hôtel du département, c'est comme un disposif où la ville se dédouble et s'admire.


Les jardins hyper-géomètriques qui l'entourent sont traversés par des canaux dont l'eau frémissante est agitée de mouvements d'ondulation plus ou moins vifs. Des gargouillis et des glouglous divers accompagnent les pas des promeneurs. Certaines images évoquent quelque tableau de Monet.


En tout cas, il est difficile de ne pas penser aux Impressionnistes. Un certain frémissement hypnotique.

Il y a actuellement au Musée des Beaux-Arts une exposition d'oeuvres de Picasso, essentiellement des dessins et gravures inspirés par la corrida. "Arte y Arena". Du 26 mars au 17 mai. Habituellement, l'usage de l'appareil photographique est autorisé. Pas pour cette exposition. C'est la troisième fois que nous allons, Françoise et moi, contempler les oeuvres présentées, en particulier une série de dix à douze dessins de "toros", ou plus exactement dix à douze dessins d'un "toro", de sa représentation initiale, réaliste, à sa représentation finale, une abstraction, un signe. Fascinant comme le parcours balisé d'une création. Les mots et les gloses sont inutiles. La contemplation des traces suffit pour comprendre en quoi a consisté le travail créatif.
Comme il est autorisé de prendre des photographies des oeuvres de la collection permanente, j'en profite pour faire trois clichés. D'abord, un "Christ en croix" d'un anonyme de l'école aragonaise du XVème. Dorure et tempera sur parchemin marouflé sur bois. J'ai toujours la même émotion devant le dépouillement et la simplicité de la scène, et devant la pureté des couleurs. Et puis, je suis toujours frappé de voir que les figures représentées ne représentent pas des personnes réelles, mais justement des figures symboliques.



Autre tableau : couleurs et géomètrie. "Le Christ en croix entre les deux larrons". Huile sur toile. Attribué à Louis de Caullery, 1582-1621. On sent déjà que les personnages représentés ressemblent à des personnes existantes. Les figures symboliques laissent la place ou sont en train de laisser la place à des gens. Encore un peu de temps et puis les bourgeois pourront se faire tirer le portrait sans être obligés de s'inscrire dans une scène religieuse.






Un dernier enfin ! Un tableau d'Ernest Bordes, 1852-1914. C'est un tableau de 1881. Son titre ? Surprenant : "Le concierge est tailleur". La facture est très classique. Les noirs et les blancs des vêtements, vus de près, font penser à des peintures abstraites. Mais ce titre ? Comment a-t-il germé dans l'esprit de son auteur ? Quant à moi, il me plait assez d'imaginer que le peintre, Ernest Bordes, s'est réveillé un matin avec ce titre en tête et qu'il n'a eu de cesse d'avoir peaufiné son tableau pour pouvoir l'inscrire juste au-dessous du cadre.
Et puis nous sommes rentrés et le lecteur de cds a recommencé à chauffer. En ce moment, par exemple, il tourne.















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