mardi 23 février 2010

mardi 23 février - paris jazz corner : encore un autre colissimo

Quand il doit me remettre un paquet contre signature, le facteur sonne toujours une fois. Une seule fois. Il est 14h10. Je ne l'attendais plus. "Vous avez eu une lourde tournée aujourd'hui". "Non, mais j'avais demandé une pause en milieu de matinée. J'ai des ouvriers chez moi ; je voulais contrôler leur travail". Rituel :"documents ci-inclus". Un coup de Laguiole pour fendre délicatement le ruban adhésif sans déchirer l'enveloppe.



A l'intérieur, un disque dont je ne connais pas les interprètes, mais dont je me fais une certaine idée en fonction de son label, "Tzadik".

- "Zakarya / The True Story Connecting Martin Behaim", 2008, Tzadik, A Project of Hips Road.

Un quartet : Yves Weyh, accordéon, Alexandre Wimmer, guitare, "electronics", Vincent Posty, basse électrique, Pascal Gully, batterie.


"Tzadik", le label de John Zorn, revendique son inscription dans une culture juive, plus précisément il s'inscrit dans le courant kletzmer new-yorkais. Zakarya est un groupe français produit donc par Tzadik. J'avais repéré son existence en consultant la liste des cds de la catégorie "accordéon" disponibles sur Paris Jazz Corner. C'était le dernier. Il est classé sous les rubriques "free jazz", "avant-garde", musiques improvisées", "jazz français", "fusion", "jazz-rock", "jazz funk", "ethno-jazz". Dans des interwieves, Yves Weyh parle de "musique juive d'avant-garde et expérimentale". On devine qu'il ne faut pas s'attendre à écouter des mélodies suaves. On attend plutôt des variations sur l'art de l'enclume. Et en effet, une première écoute me suggère que "Zakarya" est plutôt de la même famille que Vojtenko, Chistyakov, Gouriou ou Pojhonen. A savourer à petites doses, sinon on risque d'en avoir les dents agacées et des crépitements dans les cheveux.

En lisant des entretiens donnés par Yves Weyh, j'apprends qu'il joue de l'accordéon depuis l'âge de six ans (il est âgé d'une quarantaine d'année), qu'il écoute peu de musique et encore moins d'accordéons. C'est une information intéressante.



Sébastien est venu cet après-midi changer les charnières d'un placard. J'écoutais "The True Story..." quand il est arrivé. Il m'a dit :"Qu'est-ce que c'est ?". Je lui ai montré la pochette du disque. Il m'a dit : "C'est bien, laisse-le !". C'est ainsi que le quartet nous a accompagnés durant nos travaux de bricolage. Et quand Sébastien est parti, j'avais l'impression que les vieilles charnières me regardaient comme d'étranges créatures venues d'ailleurs. Je me suis dit que si elles jouaient de la musique, ce pourrait bien être celle que nous avions écouté tout l'après-midi...









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